BIENVENUE AU THÉÂTRE NATIONAL

par | BLE, Culture, SEPT 2009

L’initiative de cette synergie nouvelle revient au Festival des Libertés. Et l’idée d’un rapprochement avec notre théâtre nous a immédiatement enchantés ! Il y a là en effet tous les ingrédients d’une belle rencontre : des valeurs communes, des désirs convergents d’ouverture et de métissage, deux identités claires et affirmées, la même volonté de questionner les contradictions et les tensions du monde contemporain. Sans oublier une complémentarité intéressante entre la force d’ancrage et la visibilité d’un “grand navire” et l’énergie aiguë, turbulente et momentanée d’un festival (un mélange fertile que nous expérimentons déjà chaque hiver avec le Festival de Liège). Tant de sens et d’évidence, autant de raisons de dire oui !

Nous sommes donc fiers d’accueillir cette nouvelle édition d’un Festival plein de vitalité, soutenu par l’engagement de son public et solidement implanté dans le paysage culturel bruxellois. Sa programmation brève mais abondante, conviviale et “forte en débats” s’enchâsse avec bonheur dans la nôtre, bâtie sur le désir, rappelons-le, d’un théâtre actuel dans son propos autant que dans sa forme. C’est notre marque : des spectacles authentiques – donc pas forcément consensuels-, plein de conviction, loin pourtant de tout militantisme ou projet d’édification. Les habitués du Festival des Libertés devraient “s’y retrouver” comme on dit… En tous cas, nous en formons le vœu et leur souhaitons la bienvenue chez nous ! Cela nous réjouit tout autant que nos spectateurs puissent, du 22 au 31 octobre, pousser les portes de “leur” théâtre et y découvrir l’effervescence du Festival.

Le bâtiment magnifique qui nous a été confié porte en lui, inscrite dans sa haute façade de verre, presque une vocation : l’ouverture. Ouverture sur le monde, on l’a dit. Mais aussi ouverture sur la ville, souci d’y occuper un fragment de la vie publique, de proposer aux gens qui habitent ou circulent à Bruxelles, un véritable espace de vie. Un endroit où chacun vient s’étonner, échanger, rencontrer, un lieu ouvert aux acteurs de la vie économique, syndicale, politique ou intellectuelle, aux gens de terrain, aux témoins, aux citoyens tout simplement. Bien sûr, les artistes sont les piliers de notre maison, mais le “commentaire” auquel donnent lieu leurs créations, la réac tion des gens, la diversité des pensées singulières qui font alors leur chemin, cela nous passionne. Or, cette dynamique-là, cette aptitude à rassembler, à créer le débat par la multiplication des points de vue, à soulever les pavés des idées toutes faites, à explorer les pistes alternatives, n’est-ce pas le cœur même du Festival des Libertés ?

Le thème de cette édition, – des murs et des brèches-, sonne comme une alerte sur l’éternel retour de l’histoire. Un mur est tombé, d’autres s’élèvent, sécuritaires, de la honte ou de la misère. De pierres, de mots ou de croyances, ils enferment et divisent des hommes, des femmes, partout et jusque dans nos rues. Des murs, parfois immatériels, glissés dans l’ordinaire de nos vies, et tellement insidieux qu’ils doivent d’abord être identifiés. Quelles alternatives inventer pour dépasser la peur, la haine ou l’indifférence qui les ont érigés ? C’est une question essentielle pour tous les démocrates.

Nous sommes ravis de retrouver parmi les artistes choisis par le Festival pour traiter ce sujet des visages familiers, la verve d’un Ascanio Celestini, l’art irrévérencieux du court-circuit chez Vincenzo Pirrotta, et ces Bloody Niggers qui n’ont pas leur pareil pour faire voler en éclats les mensonges et silences de l’histoire. Mais aussi, du côté du théâtre et ailleurs, notre curiosité est éveillée : nous allons découvrir des talents que nous ne connaissons pas. Bienvenue à tous ! Et que cette édition soit la première d’une longue et fertile collaboration !

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