Fidèle au rendez-vous, ce numéro de Bruxelles Laïque Echos vous invite à approfondir la thématique du Festival des Libertés qui se prépare à vous accueillir au Théâtre National et au KVS du 16 au 25 octobre prochain. Ce dossier n’est pas sans lien avec les précédents thèmes de notre revue puisqu’il interroge les notions d’obéissance et de désobéissance.

Obéir et désobéir : deux verbes qui soulèvent de nombreuses questions et renvoient d’une certaine manière à nos fondamentaux laïques.

Obéir nous rappelle que la vie collective nécessite un certain nombre de règles, que celles-ci permettent de limiter l’arbitraire et la loi du plus fort, donc de protéger les plus faibles et de mettre en œuvre l’égalité. Encore faut-il s’accorder sur la manière dont la règle est définie et sur les moyens de la faire respecter. Il y a là matière à interroger le monde d’aujourd’hui… Se mettre d’accord sur des règles et un cadre communs de coexistence de tous en respectant chacun dans ses différences, ses convictions et ses aspirations, n’est-ce pas le projet de la laïcité entendue dans son sens politique ?

Des règles sont nécessaires, y obéir aussi. Mais, à l’encontre de la majorité des religions, nous affirmons que l’obéissance n’est pas toujours une vertu et que la désobéissance peut en être une dans certaines situations. Depuis Panurge jusqu’au génocide rwandais, l’obéissance aveugle a plus d’une fois mené au pire. Il est des lois obsolètes ou des ordres absurdes auxquels il faut pouvoir désobéir. Mais au nom de quoi, selon quels critères, à quelles conditions et avec quelles conséquences ? La désobéissance demande du discernement et de l’intégrité. La capacité de refus, de révolte et de désobéissance n’est-elle pas aussi à la base de ce que nous appelons la laïcité philosophique ? Qu’on se rappelle Henri Poincaré qui affirmait que la pensée “ne doit jamais se soumettre […] parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d’être”.

La thématique du Festival des Libertés et de ce dossier nous amène à approfondir nos fondamentaux. Elle est aussi en pleine résonnance avec l’actualité. Nous assistons tant à des épidémies d’obéissance et de conformisme inquiétantes qu’à des réveils citoyens qui n’hésitent pas à désobéir pour refuser l’injustice ou se faire entendre.

Ces notions et questions seront mises en débat tout au long du Festival qui ne prétend pas donner des réponses ou des leçons mais invite à réfléchir, critiquer et confronter. Comme chaque année, ces questions seront également mises en scène et à l’écran à travers une copieuse programmation culturelle. Comme chaque année, il y a aura de quoi s’informer, s’interroger, s’émouvoir, s’amuser et s’engager au Festival des Libertés.

Je vous y souhaite d’ores et déjà la bienvenue.

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