Comme chaque année à la même période, je suis heureuse d’introduire ce numéro de Bruxelles Laïque Echos dédié au Festival des Libertés dont il constitue le dossier thématique. Un festival qui grandit d’année en année sans jamais perdre de sa pertinence, tant la défense des libertés et des droits humains reste d’actualité dans une société qui connaît des évolutions inquiétantes. Un Festival qui, dans sa formule actuelle ouverte à tous les publics et à de nombreuses disciplines, fête son dixième anniversaire !

Par vocation, le Festival des Libertés cherche à donner la parole à des voix qui ne trouvent pas d’échos dans les canaux de diffusion dominants et à faire connaître des créations qui réveillent notre curiosité et interpellent le regard que nous portons sur les choses. Cette année, la volonté de sortir des autoroutes et de ne pas suivre le conformisme en est explicitement le fil conducteur.

Depuis ses origines, le festival s’inquiète d’une société toujours plus éclatée, barricadée de préjugés, de murs ou de sens interdits. Il cherche à mettre en avant ce qui peut créer du lien et unir par-delà les singularités de chacun. Unir certes, mais pas uniformiser.

Nos sociétés sont beaucoup plus métissées et ouvertes sur le monde qu’en d’autres temps. Nous ne vivons pas sous le joug d’une dictature ni sous l’emprise d’une religion omniprésente. Et pourtant, on observe, aujourd’hui, des formes souvent insidieuses de mise au pas des citoyens : uniformisation des façons de voir et de penser, homogénéisation des populations, standardisation des consommations ou normalisation des comportements.

Tels sont les questionnements qu’abordent les articles de notre dossier et que déclinera la programmation du Festival des Libertés 2010. Celle-ci se déroulera dans le cadre spacieux du Théâtre National, avec qui nous sommes ravis de reconduire un partenariat fructueux et de l’élargir au KVS. Aux antipodes de la crise qui déchire le gouvernement, nous réaffirmons ainsi notre volonté de proposer un événement bilingue au cœur de Bruxelles.

Comme de coutume, les préoccupations du Festival s’exprimeront par l’image, la parole, la musique et le spectacle. Les documentaires dresseront un inventaire atterrant des violations des droits et de la dignité humaine tout en rendant hommage à ceux qui résistent aux quatre coins de la planète. Des débats inviteront les citoyens à mieux comprendre notre société, à décrypter les mécanismes de conditionnement qui réduisent nos visions ou enlisent nos marges de manœuvre et à agir en toute autonomie. Les concerts, plus nombreux et toujours plus métissés, déploieront leur puissance d’émerveillement, de rassemblement et de mobilisation. Des formules innovantes proposeront des rencontres de musiciens réunis spécialement pour l’occasion. Sur la scène théâtrale également, à côté de quelques créations internationales, le Collectif de jeunes acteurs du Théâtre National présentera un spectacle conçu pour le Festival autour de sa thématique.

C’est donc un programme riche, diversifié et surprenant que je vous convie, avec enthousiasme, à découvrir du 21 au 30 octobre au Théâtre National et au KVS (du 26 au 29). Un enthousiasme que j’espère contagieux !

Belles découvertes et bonne lecture.

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