“Le rire châtie certains défauts à peu près comme la maladie châtie certains excès”.

Bergson

Tout en cultivant le mythe de leur capacité à rire de tout, les humoristes ont plutôt eu tendance ces dernières années à considérablement réduire leur sujet et objet de dérision. Les rois de la vanne se font maintenant moins tranchants, moins subversifs, mais aussi plus consensuels et lénifiants.

Qu’est-ce qui peut expliquer cette rigidité auto-castratrice ? L’industrialisation de l’humour, en partie, mais surtout une chape de plomb moralisante qui se serait abattue sur nos sociétés… tristement pour la survie d’un humour qui décape, qui dérange et fait réfléchir, mais aussi pour la liberté d’expression.[1]

Dans un univers médiatique triomphant où règne la tyrannie de “l’image” dictant souvent les comportements de nos représentants politiques, peut-être que l’apprentissage d’un peu d’auto-dérision ne serait pas superflu. Car, comme le disait Paul Léautaud, “On rit mal des autres quand on ne sait pas d’abord rire de soi-même”.

www.sinemensuel.com

“Le journal qui fait mal et ça fait du bien” est de retour. L’infatigable et courageux Siné continue avec sa bande de déconneurs de donner de la voix à ceux qui luttent, se fâchent, et dénoncent : aux indignés, paumés, révoltés, syndiqués… Tout ça dans un joyeux délire. Longue vie à Siné !

www.gatt.org http://theyesmen.org

L’organisation mondiale du commerce (OMC) n’apprécie guère qu’on détourne son discours. L’OMC s’émeut du fait qu’un site pastiche a été créé pour “tromper les internautes”. Le site gatt.org est administré par le collectif américain “The Yes Men”, qui se définit lui-même comme une association regroupant près de 300 imposteurs dans le monde entier. Leur objectif ? “Attirer l’attention sur le fait que le programme économique néolibéral est terrible pour les êtres humains. Les néolibéraux acceptent la souffrance et la mort comme des dommages collatéraux”.

http://mona.net.au

Le milliardaire David Walsh s’est offert un surprenant musée pour abriter une collection toute aussi étrange, le MONA (Museum of Old and New Art) vient d’ouvrir en Tasmanie. Sa collection mêle art ancien et contemporain autour des thèmes de la mort, du scatologique et du sexe. “Un Disneyland subversif pour adultes” selon son propriétaire.

L’entrée est gratuite, il ne vous reste plus qu’à acheter votre billet d’avion.

http://auteursreunis.free.fr

Le coq des bruyères et son collectif d’auteurs (Patrick Font and co) affrontent avec dérision une grande variété de sujets politiquement incorrects. Textes, dessins, vidéos et potins pour combattre la morosité ambiante.

www.wat.tv

Pierre Desproges charrie les Juifs avec une liberté de propos et un art du second degré qui rendraient jaloux les Guillon et consort, nos prétendus avant-garde de la subversion contemporaine.

Une époque révolue à jamais ?


[1] Martin Leprince, Peut-on encore se marrer quand on est de gauche? (éditions Jacob-Duvernet).

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