Bruxelles Laïque Echos est le trimestriel sociopolitique de Bruxelles Laïque asbl et propose des dossiers thématiques abordés sous le prisme du libre-examen.

Et si les remises en question de l’État de droit et le détricotage des droits sociaux était avant tout légitimés par une évolution simpliste des discours politiques et médiatiques ? Il ne se passe pas une semaine sans que l’actualité ne fasse état de propos hostiles envers les personnes les plus pauvres, marginalisées et stigmatisées, et ce, de la part de responsables politiques ou d’éditorialistes. Plus que de marquer notre indignation envers cette tendance, s’agirait-il de quitter la posture réactive pour tenter de faire entendre des récits alternatifs ? Comment rendre audible des réhabilitations fermes des droits fondamentaux en tant que socles impondérables et désirables des démocraties modernes ? Comment mettre à l’agenda les questions sociales et économiques, sans se laisser distraire par les polémiques pseudo éthiques et sociétales qui emplissent les espaces de discussion démocratique ? Ces questions se posent de plus en plus clairement au sein des forces progressistes, qui évoquent la nécessité d’une forme de bataille culturelle.

Dans ce débat stratégique, comment se situe la laïcité ? Comment conjuguer la défense des acquis humanistes face à la montée de discours extrémistes sans pour autant verser nous-même dans un simplisme qui ne rencontre pas nos valeurs ? Comment défendre nos fondamentaux tout en contribuant au mieux à la richesse et à la pertinence de débats essentiels et urgents pour nos sociétés modernes ?

 

 

 

Essence de l’humanisme, objet d’instrumentalisation, prétexte d’hiérarchisation, garantie de qualité, finalité éducative, source de classification, certificat social, support de mesure, vecteur d’affirmation, objet d’instrumentalisation, objectif idéalisé, alibi d’exclusion, condition d’inclusion, guide d’artifices, mode d’emploi(s)… Aujourd’hui, la notion d’intelligence doit composer tant de son omniprésence que de sa polysémie; au point d’en devenir otage de conflits partisans,
vecteur de jugements d’opinions. Décrire l’intelligence réclame son usage au pluriel, sa géolocalisation, son domaine référentiel, son terrain d’expression… L’intelligence se mesure-t-elle objectivement ? Sur base de quels critères, de quelles valeurs ? Comment penser les politiques
d’émancipation et développer le libre-examen, sans faire la morale ni cantonner l’intelligence à des codes majoritaires, voire excluants ? Que penser des formes d’intelligences non-humaines ? Qu’il s’agisse de l’intelligence animale et organique, ou encore du développement de l’intelligence artificielle, notre condition nous impose des limites dont il convient de prendre acte. Sans cette humilité, nos réflexions éthiques risquent de faire fausse route.

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles