PRINTEMPS 21

HIVER 20

En cette d’époque d’ “infodémie”, d’ultracrépidarianisme, où s’entremêlent diverses formes de mysticisme, de dogmatisme ou de scientiscme, il est difficile de se situer entre toutes les croyances auxquelles nous sommes invités à souscrire. À tel point que l’esprit critique peut en être lui même déstabilisé. Il s’éloignerait du doute rationnel pour version dans la défiance, la recherche d’explications rassurantes, mais simplifiées.

Plus que jamais, nous avons besoin de faire vivre – et de se confronter à – la démarche libre-exaministe qui est au coeur de la laïcité, à la rendre accessible, à faire vivre l’esprit critique. Comment dépasser une conception idéalisée de son usage pour en préserver l’essence de résistance méthodique, en opposition aux tentatives de domination et aux obstacles à l’émancipation ?

L’interdiction de l’inceste, du meutre ou de l’anthropophagie ont permis l’éclosion de la civilisation, d’une relative pacification de l’humanité et des droits humains. Si les fonctions de ces interdits sont structurantes et légitimes, elle ne pourraient occulter la tendance naturelle des pouvoirs à vouloir en multiplier les recours. En libres-exaministes, il nous incombe de questionner continuellement l’usage des interdits, leur légitimité ainsi que celle de leurs fonctionnements en tant que modes de gestion champ sociopolitique.

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles