Lorsque le cyclone a été annoncé, peu d’entre nous y ont cru. À Mayotte, les alertes cycloniques sont fréquentes, et bien souvent, la tempête passe au-dessus de l’île sans conséquences majeures. Mais cette fois-ci, la trajectoire s’est confirmée. Très vite, l’inquiétude s’est installée. – Claire Sépulchre, infirmière belge à Mayotte.
CONTEXTE
Au travers de cet article nous aurons le privilège de découvrir le récit émouvant de Claire Sepulchre[1], jeune infirmière belge déployée à Mayotte, intervenant sur le terrain après le passage du cyclone. Récit qui nous révèle bien des éléments. D’une part, ils confirment que nous ne sommes pas toutes et tous logés à la même enseigne face aux déferlements climatiques. Certains territoires, en raison de leur situation géographique et de l’attention qui leur est accordée, subissent bien plus durement ces événements. Deuxièmement, et de manière indirecte, cela met en évidence l’incapacité de l’Hexagone à gérer efficacement les crises, en particulier lorsqu’il s’agit des territoires ultramarins. L’exemple de la Covid-19 à La Réunion, où l’État avait envoyé des masques FFP2 périmés et moisis[2], en est une illustration marquante. Troisièmement, cela soulève une question plus large : celle du respect des principes fondamentaux de la République. L’égalité, la solidarité et la garantie d’une vie digne devraient être assurées pour tous, mais qu’en est-il réellement lorsque des situations d’urgences environnementales comme celles-ci surviennent ? Cet article sera scindé en trois parties distinctes, premièrement une partie dédiée à une analyse critique de la gestion de crise de la France face au cyclone Chido à Mayotte et des autres régions d’Outre-mer. Deuxièmement, nous présentons le récit et le témoignage de Claire Sépulchre. Enfin, l’analyse critique et scientifique du météorologue de MétéoNews, Frédéric Decker.
INÉGALITÉS ULTRAMARINES
Souvent relayés au second plan et considérés comme des Français de seconde zone (on parle d’ailleurs de projet de loi d’égalité réelle[3]), les habitants des Outre-mer souffrent d’un manque d’intérêt politique flagrant. Derrière l’acronyme DROM-COM, à la fois froid et impersonnel, se cachent des régions bien réelles : la Martinique, La Réunion, la Guadeloupe, la Guyane et Mayotte. Pourtant, année après année, une réalité demeure : les ultra-marins vivent une situation bien différente de celle des habitants de la France métropolitaine ou hexagonale (nous parlerons d’ailleurs d’Hexagone ou de Métropole pour faire référence à la France où Paris se trouve). Le coût de la vie y est exorbitant, générant régulièrement des mobilisations massives contre la vie chère, comme en Guadeloupe et en Martinique.[4] S’ajoutent à cela des stéréotypes encore ancrés dans l’imaginaire collectif, nourris par une mentalité post et néocoloniale[5] qui peine à disparaître. Et que dire des réalités politiques locales, parfois gangrenées par la corruption[6], comme à La Réunion, souvent classée dans les six premières régions française les plus concernées par ce fléau ? Et au milieu de tout cela, il y a Mayotte. Dernière arrivée[7] en tant que DROM (31 mars 2011), l’île a été frappée de plein fouet par le cyclone tropical Chido en décembre 2024. Mais au-delà des destructions, une autre situation interpelle : selon Mediapart[8], les autorités auraient refusé de dévoiler le nom des victimes et de procéder à un recensement solide des disparus. Comme si assumer un nombre de décès plus important que celui annoncé officiellement était tabou. La Métropole aurait-elle quelque chose à cacher ? Peut-être dans l’Hexagone, mais à Mayotte, personne n’est dupe.
FRANÇAIS DE SECONDE ZONE ?
Il y aurait donc deux France : la France métropolitaine et la France d’Outre-mer. Pourtant, sur le papier, les deux sont censées être une seule et même nation. Mais comment se sentir pleinement reconnu en tant que citoyen français lorsque faire ses courses devient un luxe ? Comment interpréter l’envoi de masques périmés en pleine pandémie ? Quel message est envoyé aux ultra-marins lorsqu’ils voient Manuel Valls, totalement étranger aux réalités des Outre-mer et sujet à bon nombre de polémiques, être nommé ministre de ces régions ?
Et que penser des politiques publiques qui encouragent les jeunes à quitter leur île faute de débouchés locaux ?[9] De ces stéréotypes qui collent à la peau des étudiants et des travailleurs ultramarins ? Tant de questions qui, en apparence, semblent s’éloigner du sujet, mais qui, en réalité, en sont le cœur. Car comprendre le quotidien des ultra-marins, c’est aussi comprendre pourquoi la France peine à gérer et à assumer les crises dans ces territoires.
CHIDO VS LA FRANCE MÉTROPOLITAINE
Le passage du cyclone Chido en décembre 2024 à Mayotte n’a pas seulement mis à terre des infrastructures, il a mis en lumière une fracture bien plus profonde. Si les ultra-marins sont habitués aux saisons cycloniques, personne n’est jamais préparé à un désastre d’une telle ampleur. Une tempête qui, en quelques minutes, détruit les habitations, anéantit les terres agricoles, paralyse les routes et plonge toute une population dans la détresse.
Les habitants, privés d’un toit, d’eau potable, de nourriture et d’électricité, se retrouvent livrés à eux-mêmes. L’aide tarde à arriver et la gestion de la crise par l’Hexagone ne fait qu’exposer des fractures béantes déjà bien présentes. Encore une fois, la catastrophe révèle ce que beaucoup savaient déjà : les principes républicains ne sont pas appliqués de la même manière pour tous. Là où la solidarité et l’égalité devraient être des piliers inébranlables, c’est l’oubli et la négligence qui semblent s’imposer.
L’ATTENTE ET L’IMPACT DU CYCLONE, LE TÉMOIGNAGE DE CLAIRE SEPULCHRE
À l’hôpital, où Claire Sepulchre, infirmière belge, travaille pour le SMUR et les évacuations sanitaires la tension montait. Ceux qui connaissent bien les risques mesuraient déjà l’ampleur du danger. Pourtant, la plupart des habitants continuaient à vivre comme si de rien n’était, habitués à ces alertes souvent sans suite. Mais lorsque le cyclone a frappé, tout a changé. Les structures médicales ont dû s’adapter en urgence. Envoyée dans un dispensaire du nord de Mayotte, Claire a vu défiler des patients traumatisés, mais heureusement, peu de cas gravissimes. Pendant ce temps, ailleurs sur l’île, les dégâts étaient considérables. Des habitations se sont effondrées, des familles ont tout perdu. À l’hôpital central, au placement ou chez des proches, on racontait avoir vu les toits s’envoler, les murs s’effondrer.
APRÈS LA TEMPÊTE : SURVIE ET CHAOS
Dès les premières heures, la priorité a été de trouver de l’eau, de la nourriture et des abris. Beaucoup de maisons ont été détruites, laissant des familles sans rien. Les magasins, d’abord fermés, ont rouvert après quelques jours, mais se ravitailler relevait du défi. L’argent liquide est devenu indispensable, car les distributeurs ne fonctionnaient plus. Sans électricité, sans eau courante, c’était une lutte quotidienne. Ce sont surtout les habitants des villes qui ont été les plus durement touchés. Des écoles ont été ouvertes pour accueillir les sinistrés, mais sans véritable organisation. Il a fallu compter sur les associations pour l’accès à la nourriture et à l’eau. La vie dans ces abris de fortune était particulièrement difficile.
UNE SOLIDARITÉ LOCALE, UN ÉTAT FANTÔME
Alors que les médias annonçaient des aides massives envoyées par l’État, sur place, nous n’avons rien vu venir. L’aéroport étant hors service, les premiers secours ont été principalement militaires. Mais ensuite, tout a semblé s’arrêter. L’État, à notre échelle, était un grand absent. Face à cette inertie, la solidarité locale s’est organisée. À Petite-Terre, des voisins se sont regroupés pour aller voir ce qui se passait en ville et comment aider. De l’argent a été collecté auprès de proches en Belgique et en France hexagonale, permettant d’acheter de la nourriture et de financer des repas préparés localement. Les associations ont joué un rôle essentiel. Médecins Sans Frontières et la Croix-Rouge étaient présents, mais c’est surtout World Central Kitchen[10] qui a impressionné par son efficacité. Ils ne faisaient pas partie du paysage humanitaire local avant la crise, et pourtant, ils ont répondu rapidement et massivement aux besoins alimentaires.
UNE DISTRIBUTION D’AIDE CHAOTIQUE ET DES TENSIONS
L’organisation des distributions a été marquée par un manque total de communication. Au début, il fallait présenter une pièce d’identité pour obtenir de la nourriture, une décision qui a immédiatement suscité l’indignation. Ici, beaucoup de sans-papiers vivent dans des conditions précaires, et il était impensable de leur refuser l’accès à l’aide humanitaire. Heureusement, cette mesure a vite été abandonnée. Une autre source de tension est venue des centres d’hébergement ouverts en urgence. Très vite, des rumeurs ont circulé : ces lieux serviraient à piéger les sans-papiers pour les expulser vers les Comores. Beaucoup ont préféré rester chez eux malgré le danger, ce qui a entraîné des accidents et même des décès.
LE CYCLONE, RÉVÉLATEUR DES FRACTURES DE MAYOTTE
Cette crise a mis en lumière une réalité que nous connaissons bien : Mayotte est une île oubliée. Depuis trois ans, Claire Sepulchre y travaille et observe ce sentiment d’abandon grandissant. Les Mahorais se veulent Français, mais ils ont le sentiment d’être laissés pour compte. Ce qui, en métropole, provoquerait un scandale des hôpitaux sous-dotés, une eau disponible un jour sur trois, des infrastructures défaillantes est ici accepté comme une fatalité. Les tensions avec la communauté comorienne s’accentuent également. Beaucoup tiennent les Comoriens responsables de la dégradation de la situation sur l’île. La violence s’accroît, et l’État ne semble pas vouloir ou pouvoir y remédier.
ET MAINTENANT ?
Le cyclone a détruit bien plus que des maisons : il a ébranlé ce qui restait de confiance envers les autorités. Les habitants prennent désormais les alertes plus au sérieux, mais les infrastructures, elles, n’ont pas changé. Les dégâts écologiques sont aussi préoccupants : la végétation, essentielle pour stabiliser les sols, a été ravagée. Les pluies provoquent désormais des glissements de terrain, aggravant la précarité de nombreuses zones d’habitation. L’eau, déjà un problème avant la crise, est devenue encore plus rare. Aujourd’hui, nous avons accès à l’eau un jour sur trois, et la situation risque d’empirer dans les mois à venir. Si un autre cyclone frappe, serons-nous mieux préparés ? Rien n’est moins sûr. Une chose est certaine : l’État devra revoir entièrement sa gestion des crises à Mayotte. La désorganisation totale des secours, l’absence de coordination entre les différents services et l’opacité des distributions d’aide ne peuvent plus être ignorées. Ici, ce sont des jeunes médecins, sans formation spécifique à la gestion de catastrophes, qui ont dû prendre les décisions dans l’urgence. Ils ont fait de leur mieux, mais le système repose sur des bases trop fragiles. Nous avons survécu à cette catastrophe grâce à la solidarité, grâce à ceux qui sont restés et qui ont agi. Mais combien de temps encore Mayotte pourra-t-elle continuer à s’en sortir seule ?
CYCLONES ET RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE : ENTRE MYTHES ET RÉALITÉS
Alors que chaque nouveau cyclone ravive les débats sur le climat, il est essentiel de distinguer l’émotion de l’analyse. Frédéric Decker[11], expert météorologue à MétéoNews, rappelle les données scientifiques qui permettent de replacer ces événements dans une perspective plus large et moins immédiate.
Ces derniers temps, les événements météorologiques extrêmes semblent se multiplier. Et comme à chaque fois qu’un cyclone frappe une île comme Mayotte ou La Réunion, la tentation est grande de pointer immédiatement le réchauffement climatique du doigt. Pourtant, selon le météorologue Frédéric Decker, il faut garder la tête froide. Un phénomène violent, aussi impressionnant soit-il, ne suffit pas à tirer des conclusions. Ce n’est qu’après une analyse rigoureuse qu’un lien éventuel peut être établi. Le cœur du problème, ce n’est pas tant l’événement isolé que la répétition ou l’intensification progressive de ces situations extrêmes et c’est là que le climat entre véritablement en jeu.
Dans le bassin sud de l’océan Indien, les données des dernières décennies confirment une tendance que les modèles anticipent encore pour les années à venir : une baisse du nombre de cyclones. Une évolution qui peut sembler rassurante à première vue, mais que le spécialiste nuance aussitôt. Moins de cyclones signifie aussi, potentiellement, moins de pluie. Et à Mayotte comme à La Réunion, cela augmente le risque de sécheresses longues, sévères, et difficilement gérables.
Ce paradoxe climatique des océans plus chauds mais moins de cyclones s’explique par la complexité des mécanismes atmosphériques. Le réchauffement global ne pousse pas tous les curseurs dans le même sens. Et avec une année 2024 déjà record en termes de chaleur, suivie d’un début 2025 sur la même lancée, Frédéric Decker rappelle que les modèles climatiques devront être réévalués. De nouvelles tendances sont attendues d’ici la fin de l’année pour l’ensemble des zones du globe, y compris l’océan Indien. Le climatologue insiste sur la prudence : les projections évoluent avec les données, et il est encore trop tôt pour affirmer que la tendance actuelle restera inchangée.
Au-delà des modèles, il y a la réalité du terrain. À Mayotte, de nombreuses habitations précaires ne résistent pas aux fortes intempéries. Pour le météorologue de MétéoNews, c’est une priorité absolue : construire plus d’abris solides, assurer un minimum de protection à celles et ceux qui vivent dans des conditions vulnérables. Il souligne aussi l’importance d’un meilleur entretien des ravines. Mal gérées, ces dernières se transforment en pièges lors de fortes pluies, aggravant crues et inondations.
Scientifiquement, la formation d’un cyclone reste soumise à des conditions très précises : une vaste surface océanique, une température minimale de 26°C sur environ 50 mètres de profondeur et une atmosphère instable. Or, plus la mer est chaude, plus elle peut fournir d’énergie. C’est là le vrai danger. Même si leur fréquence diminue, les cyclones de demain risquent d’être bien plus puissants. Pour le spécialiste, c’est une dynamique à surveiller de très près.
CONCLUSION
Mayotte se relèvera, comme toujours. Par la force de ses habitants, par la solidarité de celles et ceux qui refusent l’abandon. Mais combien de fois encore devra-t-elle prouver qu’elle mérite l’attention et les moyens qui lui font défaut ? Ce cyclone n’a pas seulement balayé des maisons et des routes, il a exposé, une fois de plus, une vérité amère : toutes les régions françaises ne sont pas traitées de la même manière face à la crise.
L’urgence est passée, mais les inégalités, elles, persistent. Elles s’ancrent, se renforcent, nourries par l’inaction, par la lenteur des décisions, par un désintérêt qui ne dit pas son nom. Là-bas, ils apprennent à vivre avec l’attente : attendre l’eau courante, attendre l’électricité, attendre une aide qui tarde toujours un peu trop. Une aide qui, lorsqu’elle arrive enfin, semble être un geste de charité (bien ordonnée) plus qu’un droit légitime. Un droit qui, ailleurs, ne serait même pas remis en question. Les Mahorais, eux, n’attendent plus. Ils savent. Ils savent qu’après chaque crise, ce sera la débrouille, l’entraide locale, les associations qui prendront le relais. Ils savent qu’ici, les priorités de l’État sont ailleurs, et qu’il faut se battre pour obtenir ce qui, ailleurs, est une évidence. Ils savent que ce cyclone n’a rien changé aux schémas existants, il les a simplement rendus plus visibles.
Alors, jusqu’à quand ? Jusqu’à quand Mayotte devra-t-elle prouver qu’elle est une région française à part entière et non un simple confetti ultramarin que l’on gère par à-coups, selon l’ampleur de la catastrophe et l’intérêt médiatique du moment ? Jusqu’à quand faudra-t-il se contenter de promesses, de discours rassurants mais sans lendemain ? Les reconstructions seront lentes, les plaies mettront du temps à se refermer, et un jour, un autre cyclone viendra. L’histoire se répétera-t-elle ? Faudra-t-il, encore et toujours, supplier pour ce qui devrait être un droit fondamental : une prise en charge juste, digne et efficace ? Faudra-t-il attendre que l’île soit de nouveau ravagée pour que l’on se souvienne d’elle ?
Mayotte ne veut pas seulement survivre à Chido. Elle veut vivre, pleinement. Pas dans l’attente, pas dans l’oubli. Elle veut exister aux yeux d’une République qui, jusqu’ici, l’a trop souvent reléguée en marge. Cette tempête n’a pas seulement marqué l’île, elle a aussi laissé une question en suspens : la France métropolitaine assumera-t-elle, un jour, l’entière responsabilité de ses territoires ultramarins ? Ou faudra-t-il qu’un drame encore plus grand frappe pour que l’évidence ne puisse plus être ignorée ? Et pendant que Mayotte panse encore ses plaies, ailleurs, l’histoire s’apprête à se répéter. À l’heure où nous écrivons ces mots, La Réunion se prépare à affronter l’un de ses cyclones les plus dangereux de son histoire. Encore une épreuve, encore une alerte, encore une fois, l’attente d’une réponse qui, on le sait déjà, ne sera ni immédiate ni à la hauteur.
[1] Sepulchre, C. (2025, 2 mars). Entretien personnel sur les conditions de vie après le cyclone Chido à Mayotte. Communication personnelle
[2] France Info La 1ère. (2020, 6 avril). Des masques à peine distribués, déjà contestés et rejetés. La 1ère.
[3] Assemblée nationale. (n.d.). Égalité réelle outre-mer.
[4] Imbach, R. (2024, 11 octobre). Protestation contre la vie chère en Martinique : pourquoi l’octroi de mer est-il critiqué ? Le Monde
[5] Chamoiseau, P. (2024, 29 septembre). Le “système-outremer” génère une invivabilité qui, malgré des convulsions fréquentes, ne cesse de perdurer. Le Monde.
[6] LG. (2022, 27 octobre). La Réunion parmi les départements les plus concernés par les infractions d’atteinte. Zinfos974.
[7] Préfecture de Mayotte. (n.d.). Histoire et géographie de Mayotte. Gouvernement de Mayotte.
[8] Carayol, R. (2025, 5 février). Mayotte : les morts de Chido sont tombés aux oubliettes. Mediapart.
[9] Conseil économique, social et environnemental (CESE). (2015). L’insertion professionnelle des jeunes ultramarins : Un impératif pour l’égalité réelle
[10] World Central Kitchen. (n.d.). World Central Kitchen.
[11] Decker, F. (2025, 7 mars). Entretien personnel avec Frédéric Decker, météorologue chez MétéoNews.