
Démocratie en Belgique : comment les citoyens peuvent-ils reprendre le pouvoir ?
Par Adam Gigan
Participation citoyenne, démocratie directe, désobéissance civile… Véronique Dockx revient sur les moyens dont disposent les citoyens pour reprendre prise sur les décisions politiques.
(AG): Quand les citoyens ont le sentiment que les décisions importantes leur échappent, qu’est-ce qui leur reste concrètement comme pouvoir d’action?
Véronique Dockx (VD): Qui dit action dit réflexion et contextualisation. Le contexte dans lequel nous vivons est particulier : nous sommes au cœur d’un changement de régime politique. On se pense en démocratie, mais la démocratie repose sur la séparation des pouvoirs (judiciaire, exécutif, législatif), l’égalité des citoyennes et citoyens devant la loi, et le fait que l’État est lui-même soumis aux règles de droit. Or notre société ne fonctionne plus comme cela.
Dans un régime démocratique et représentatif, les citoyennes et citoyens délèguent la prise des décisions importantes à des représentantes et représentants élus, qui forment un gouvernement censé refléter le résultat des élections et œuvrer dans l’intérêt de toutes et tous. C’est le jeu.
Or en Belgique, les alliances pré et/ou post électorales entre partis font que les gouvernements ne représentent plus vraiment la volonté des électrices et électeurs. Dans les faits, le pouvoir est confisqué par une minorité, qui défend les intérêts de celles et ceux qu’elle représente au détriment de l’intérêt général.
Les élections assurent ainsi, sous des étiquettes interchangeables, la reproduction du même personnel étatique, soumis à une idéologie fondée sur la croissance économique et l’expansion illimitée du capital. Nos gouvernements se donnent donc pour mission de supprimer ce qui freine le déploiement du capitalisme et de préserver le système de domination sur lequel il repose1.
Sous prétexte de « nécessité économique mondiale », les élites étatiques et économiques imposent une austérité à géométrie variable et détruisent les services publics et les mécanismes de solidarité (santé, retraite, droit du travail, enseignement, justice). Leurs choix sont légitimés par des experts soumis au même dogme : productivisme forcené, exploitation illimitée des ressources, creusement des inégalités, précarisation des plus vulnérables, criminalisation des improductives et improductifs, etc. Cette idéologie nous transforme également en consommatrices et consommateurs poursuivant leurs intérêts particuliers au détriment du bien commun, ce qui interroge d’autant plus notre pouvoir d’action collectif.
Depuis une dizaine d’années, on observe en outre une tendance croissante du gouvernement à ne plus respecter les règles du jeu démocratique et les mécanismes destinés à empêcher les abus de pouvoir (dont la séparation des pouvoirs et le respect des lois)2. Le pouvoir exécutif monopolise le pouvoir, les parlementaires et les contre-pouvoirs sont affaiblis, les lois ne sont plus respectées et certaines décisions de justice ne sont plus exécutées.
Dans un tel contexte, le pouvoir d’action des citoyennes et citoyens est limité. Il varie selon qu’il s’exerce au sein du cadre institutionnel (dispositifs participatifs, interpellations, manifestations, grèves, pétitions, etc.), en espérant le transformer de l’intérieur, ou en dehors de celui-ci (désobéissance civile).
Il nous reste à entrer en résistance, à nous donner le temps de la réflexion, de la réappropriation de nos outils de lutte, à nous regrouper en vue d’actions collectives, à refaire commun, en faisant la part belle à l’imagination. À sensibiliser et mobiliser toujours davantage.
Et qui sait, à nous regrouper bientôt autour d’un projet collectif visant à responsabiliser les politiciennes et politiciens, à les contraindre à assumer les conséquences de leurs manquements lorsqu’elles et ils prennent des décisions au mépris des règles de prudence et de minutie, de l’opposition massive des citoyennes et citoyens et des avertissements des experts — comme dans le cas du Métro 3 —, et que ces décisions entraînent les conséquences catastrophiques annoncées — la faillite de la Région de Bruxelles-Capitale en l’occurrence —, plutôt que d’en faire supporter le coût aux citoyennes et citoyens, comme c’est le cas aujourd’hui. Bref, à remettre un peu d’éthique en politique.
AG: On parle beaucoup de « participation citoyenne ». Mais participer, est-ce nécessairement avoir du pouvoir?
VD: Cela dépend du type de dispositif participatif mis en place : consultations populaires3, budgets participatifs, enquêtes publiques4, assemblées délibératives, conventions citoyennes, interpellations citoyennes5, droit de pétition, référendums…
En Belgique, les dispositifs participatifs sont consultatifs6 et non décisionnels7 (c’est-à-dire non contraignants), ce qui limite leur portée.
En Région bruxelloise, des Commissions délibératives réunissent au sein du Parlement des citoyennes et citoyens tirés au sort et des députées et députés, pour formuler des recommandations, mais celles-ci restent non contraignantes8.
Au niveau communal, les habitantes et habitants peuvent être invités à donner leur avis lors de consultations populaires. Des budgets participatifs leur permettent également de décider, sur la base d’un appel à projets, de l’affectation d’une petite partie du budget communal. Ces mécanismes portent toutefois sur des sujets « périphériques » et ne permettent pas d’influencer réellement les politiques menées.
Les assemblées citoyennes nécessitent par ailleurs du temps et des moyens financiers9, ce qui cadre mal avec l’austérité ambiante. C’est d’ailleurs le motif pour lequel la Wallonie a supprimé, en 2026, son panel citoyen sur le climat1011.10 11
Au niveau fédéral, un droit de pétition permet aux citoyennes et citoyens d’adresser au président de la Chambre des représentants une demande de changement politique ou législatif12. À titre d’exemple, le G100013 a soumis en juin 2026 une proposition visant à transformer le Sénat, que le gouvernement veut supprimer, en un Conseil citoyen permanent, doté d’un rôle structurel et décisionnel dans la politique fédérale14.
L’Assemblée citoyenne pour le climat a quant à elle accouché d’une seule proposition : élargir l’accès aux primes de rénovation15, dispositif entretemps supprimé par le gouvernement.
Même s’ils ne confèrent pas de réel pouvoir décisionnel, ces dispositifs permettent toutefois de visibiliser certaines problématiques, d’interpeller les autorités, de sensibiliser et de mobiliser. Ils constituent aussi des espaces précieux d’apprentissage démocratique, où les citoyennes et citoyens expérimentent le débat, l’échange argumenté et l’élaboration collective de propositions.
AG: Comment éviter que la participation citoyenne ne devienne qu’une manière de donner aux citoyens le sentiment d’être entendus sans qu’ils puissent réellement modifier les décisions?
VD: Pour éviter que la participation citoyenne ne soit qu’une stratégie de communication,
il faut garantir un pouvoir décisionnel aux citoyennes et citoyens dès le début du processus et définir un cadre clair : composition diversifiée des panels, méthode de délibération, financement et caractère contraignant des propositions ou recommandations.
Il faut également garantir les conditions en permettant l’accès à toutes et tous. Se faire une opinion et élaborer des recommandations pertinentes requiert une information objective, compréhensible et vérifiable, ainsi qu’un accompagnement neutre, permettant de décoder les enjeux, mécanismes et causes des problématiques abordées. Nous y reviendrons.
Imaginer une autre politique
AG: Est-ce que le premier acte démocratique consiste finalement à retrouver la capacité d’imaginer qu’une autre politique est possible?
VD: C’est en effet le premier acte de résistance à l’idéologie dominante, qui entend nous faire croire qu’il n’y a pas d’alternative.
Une autre politique, un autre récit, est possible.
Les neurosciences nous apprennent en effet que la réalité est une construction de notre cerveau. Celui-ci tend à considérer comme irréalisable ce qu’il n’a pas réussi à faire jusqu’ici. Mais c’est une illusion16.
Imaginer des alternatives, c’est déjà les faire advenir.
Le changement ne viendra toutefois pas de celles et ceux qui s’accrochent au pouvoir, mais de nous, citoyennes et citoyens, lorsque nous serons assez nombreuses et nombreux, capables de nous unir et de renouer avec l’action collective.
AG: Comment faire émerger des alternatives lorsque le cadre politique et économique semble déjà déterminer ce qui est considéré comme possible ou impossible?
VD: Grâce aux initiatives qui réunissent des publics diversifiés et inclusifs, apportent des éclairages pluridisciplinaires et accessibles et permettent une compréhension plus fine des enjeux politiques. Et grâce aux propositions expérimentales qui amènent les citoyennes
et citoyens à se réapproprier la narration et à faire émerger un autre récit collectif.
Nous avons besoin de dispositifs qui aiguisent notre esprit critique et notre imagination, nous entraînent à penser autrement et à nous émanciper de l’idéologie dominante. Des espaces où différents « mondes » peuvent se rencontrer, échanger des initiatives et des expériences, et où le collectif, l’humain et l’imagination sont remis au centre pour co-inventer une autre manière de faire société.
Les propositions de Bruxelles Laïque17sont à cet égard particulièrement pertinentes, qu’il s’agisse du Festival des Libertés ou des labo-chantiers Variétés18. De même que celles du Laboratoire d’imagination insurrectionnelle de Jay Jordan et Isabelle Fremaux19, ou celles du laboratoire sauvage Désorceler la finance20, qui permettent d’expérimenter d’autres outils de résistance : rituels, ateliers d’imagination collective, narrations spéculatives et autres actions collectives. Faire l’expérience de narrations spéculatives21, par exemple, est particulièrement puissant.
AG: Est-ce que la résignation citoyenne est parfois produite par les institutions elles-mêmes, lorsqu’elles donnent le sentiment que les décisions sont déjà prises avant même que les citoyens puissent intervenir?
Tout à fait. Et ce n’est pas un hasard. Celles et ceux qui s’accrochent au pouvoir ont intérêt à nous tenir éloignés de la politique et à nous disqualifier pour conserver leur monopole.
L’injustice et la violence des politiques menées prétendument au nom et dans l’intérêt des citoyennes et citoyens, frappent sévèrement celles et ceux qu’elles ont pour mission de protéger, entraînant peur, sidération et repli sur soi.
Les informations trompeuses, les mensonges et les manipulations relayées par les médias mainstream nous empêchent d’y voir clair, accentuent la confusion ambiante, la polarisation des débats, et entretiennent une division qui nous empêche de nous unir.
Des alternatives démocratiques
AG: Faut-il davantage de démocratie directe, de référendums, de budgets participatifs, de conventions citoyennes, de démocratie locale ? Ou le problème est-il ailleurs?
VD: Comme nous l’avons vu, les dispositifs participatifs mis sur pied en Belgique sont
essentiellement consultatifs. Aucun pouvoir décisionnel n’est confié aux citoyennes et citoyens, sauf sur des sujets « périphériques », comme dans le cas des budgets communaux participatifs.
Le référendum est un outil de décision collective mais pas d’élaboration collective d’une politique. Sa qualité dépend de ses modalités de conception et de mise en œuvre22. En fonction de celles-ci, il peut devenir un instrument aux mains des démagogues, ou au contraire, réaliser la promesse démocratique qu’il contient. Ce dispositif exige une solide culture démocratique et le respect de règles « de bonne conduite » par l’ensemble des actrices et acteurs engagés, à commencer par les autorités23. Or, c’est précisément ce qui manque dans le contexte actuel.
Les dispositifs de démocratie directe vont plus loin. Ils donnent aux citoyennes et citoyens un pouvoir décisionnel, en combinant droit d’initiative24, assemblées citoyennes25, référendums26. Les citoyennes et citoyens participent ensemble à l’élaboration et à la prise de décisions politiques, sans intermédiaires ou représentantes et représentants. De tels dispositifs n’existent toutefois pas en Belgique.
Ces dispositifs sont toutefois soumis aux mêmes écueils que le système représentatif, et doivent être assortis des mêmes garde-fous : publicité et accessibilité, diversité du panel, préparation et accompagnement, information complète, objective et accessible, non-interférence des autorités, temps et moyens suffisants.
Or les citoyennes et citoyens sont aujourd’hui noyés dans un flot d’informations continues, in vérifiables, et la diffusion massive d’informations trompeuses. Pour reprendre les mots de Steve Bannon, il s’agit d’ « inonder la zone de merde »27 et de rendre impossible la distinction entre fausse information et vérité factuelle.
La manipulation de l’information a toujours existé mais les nouvelles technologies lui ont donné une ampleur inédite. Organismes gouvernementaux et partis politiques font désormais appel à des agences privées proposant des campagnes de diffusion de fausses informations destinées à influencer le débat public. Celles et ceux qui parviennent à manipuler les masses acquièrent et conservent le pouvoir. Ce que Bernays appelait la « fabrique du consentement » devient une nouvelle forme de gouvernement28.
En s’attaquant à l’esprit critique et au discernement, cette stratégie nous empêche de penser et de nous unir pour reprendre le pouvoir confisqué29.
La réponse à ce fléau doit être politique : réguler et responsabiliser celles et ceux qui disposent d’un pouvoir d’influence à large échelle — lobbies, multinationales, médias, réseaux sociaux et responsables politiques —, autrement dit, criminaliser le mensonge en politique30.
AG: Existe-t-il des formes de démocratie qui permettent réellement aux citoyens de reprendre du pouvoir plutôt que simplement de participer à une consultation?
VD: Oui, il existe des dispositifs participatifs avec pouvoir décisionnel et des mécanismes de démocratie directe, mais pas — encore — en Belgique. La Belgique est le seul pays de l’Union européenne à ne pas connaître le référendum, ni au niveau national ni au niveau fédéré31.
Pour éviter accaparement ou détournement de pouvoir, et de reproduire ce que nous cherchons à éviter, il faut veiller à assortir ces dispositifs des garanties que nous venons d’évoquer : publicité et accessibilité du dispositif, participation large et diversifiée, préparation au processus délibératif et accompagnement durant celui-ci, mise à disposition d’informations objectives, transparentes, diversifiées et équilibrées.
AG: Peut-on imaginer une démocratie dans laquelle les citoyens interviennent davantage dans la fabrication des décisions (ou du commun), et pas uniquement dans leur désignation?
VD: Tout à fait. La Grèce antique, en particulier la cité d’Athènes, et la Commune de Paris en sont deux exemples majeurs, qui restent des références dans l’imaginaire collectif.
En France, l’outil qui s’en rapproche le plus est le référendum d’initiative partagée.
En Suisse, la démocratie directe combine différentes formes : droit d’initiative, assemblées citoyennes et référendums obligatoires ou facultatifs.
Cette forme de démocratie nous invite à nous réemparer de la politique et à refaire commun. Elle nous demande aussi de renouer avec les conditions nécessaires au dialogue : partager
la parole, écouter non pour juger mais pour comprendre, et débattre, non pour avoir raison mais pour enrichir la réflexion.
Agir en dehors des institutions
AG: Quel rôle peuvent jouer les associations, les collectifs, les syndicats ou les mouvements sociaux pour redonner une capacité d’action aux citoyens?
VD: Leur rôle est fondamental. Les associations sont des espaces de cohésion sociale et d’apprentissage de la citoyenneté. Elles permettent aux citoyennes et citoyens de s’investir dans des projets locaux, recréent du lien et brisent l’isolement.
Les collectifs sont également des espaces d’expérimentation citoyenne, sans les lourdeurs administratives des associations. Ils permettent la mobilisation autour d’enjeux de société.
Les syndicats ont pour mission de protéger les droits des travailleuses et travailleurs, notamment par la négociation et la mobilisation. Bien qu’en perte de vitesse en Belgique, ils structurent la capacité d’action des travailleurs et travailleuses.
Les mouvements sociaux imposent quant à eux dans le débat public des sujets négligés par les partis politiques (climat, égalité, justice fiscale, etc.). Par les manifestations, pétitions ou actions de désobéissance civile, ils contribuent à faire évoluer les mentalités, à faire émerger d’autres récits et parfois à entraîner un changement politique.
Ils constituent des piliers de la démocratie participative.
AG: La désobéissance civile peut-elle constituer une alternative démocratique lorsque les voies institutionnelles semblent insuffisantes?
VD: Oui, c’est même son but lorsque les institutions échouent à garantir l’intérêt général et/ou que l’État manque gravement à ses obligations.
C’est une réappropriation de la démocratie par les citoyennes et citoyens, qui se rassemblent pour mener des actions collectives visant à sauvegarder un intérêt supérieur ou un bien commun.
Cette forme de résistance utilise des modes d’actions illégaux au nom de principes supérieurs, pour éviter un péril imminent beaucoup plus grave, comme le dérèglement climatique par exemple, et faire changer une loi ou une politique.
Ce mode d’action permet de faire émerger d’autres récits, d’éveiller les consciences, de faire évoluer les mentalités, et de susciter un débat public. En dénonçant des lois ou des politiques injustes et/ou illégales, il revitalise la démocratie.
On doit à la désobéissance civile, notamment, la conquête des droits civiques aux États- Unis, et en Europe, celle du droit de vote des femmes et du droit à l’avortement32.
En Belgique, la désobéissance civile s’est fort développée ces dernières années, en écho aux manquements de l’État, qui ne respecte plus ses propres obligations légales33. Code Rouge et Extinction Rebellion notamment, mènent des actions de masse non-violentes pour dénoncer l’inaction gouvernementale. En juin 2025, une action d’envergure impliquant des centaines de militants a été menée à Bruxelles pour bloquer des infrastructures logistiques dans le but de dénoncer l’armement d’Israël.
AG: Comment transformer une indignation individuelle en capacité collective d’action ? Comment créer des espaces dans lesquels les citoyens ne sont pas seulement consommateurs de politique, mais deviennent producteurs de propositions et de décisions?
VD: Grâce aux espaces qui nous permettent de nous rencontrer, de nous rassembler et de nous outiller pour nous (re) mettre en capacité d’agir, qui approfondis sent la réflexion et aiguisent notre pensée critique, qui nous donnent une compréhension plus fine des enjeux politiques, des mécanismes à l’œuvre et des causes structurelles des dysfonctionnements.
De ces espaces émerge un autre récit. On y partage des savoirs et des outils (assemblées citoyennes, débats, rencontres, ateliers, etc.). Des liens s’y tissent, des ponts et des alliances se créent, la mobilisation s’organise.
Ces espaces sont nombreux et protéifor mes. Cela va de l’éducation populaire34 ou permanente35 à la militance, en passant par les dispositifs participatifs. Et surtout, il y a les lieux qui font la part belle aux arts vivants, à l’hy-
bridation et à l’imagination, où s’essaye, de manière ludique, une autre manière de faire société : des lieux au croisement de l’art et de la militance36.
Je pense en particulier à Bruxelles Laïque, au Festival des Libertés et aux la bochantiers du Variétés, qui proposent des formes mêlant militance et savoirs (arpentages, performances, rencontres, débats, ateliers d’imagination collective, etc.), mais aussi aux Habitants des images37 et à la Ligue des travailleuses domestiques38. Mais il y en a beaucoup d’autres.
En conclusion, la politique est l’affaire de toutes et tous. Il nous appartient de la reconfigurer. On vous attend nombreuses et nombreux au Festival des Libertés, du 8 au 17 octobre 2026. Et précisément le 10 octobre à 20H45 pour notre débat intitulé « sortir de la sidération démocratique ».
Notes
- Un système de domination des élites étatiques et économiques qui leur permet, alors qu’elles prétendent régner au nom du peuple, de défendre le seul pouvoir de la richesse, n’est plus une démocratie mais une oligarchie. BAECHLER J., « Capitalisme et démocratie », in Écrits, Tome II : Sociologie Volume 3 (1969-2002), Paris, éd. Hermann, 2025, pp. 161 et s.; RANCIÈRE J., La haine de la démocratie, éd. La fabrique, Paris, 2005, pp. 85-87 et 105.↩
- Le gouvernement refuse de respecter les lois qui ne l’arrangent pas (pourtant censées représenter la volonté des citoyennes et citoyens) et les décisions de justice qui le condamnent de ce fait. En matière de migration, d’environnement/climat, de financement des services publics, notamment, l’État belge est régulièrement condamné.↩
- Le référendum va plus loin. Les citoyennes et citoyens sont appelés à voter sur une question spécifique et les résultats du vote lient les autorités.↩
- En matière d’aménagement du territoire. Rôle consultatif. Difficilement accessible (volume et technicité des dossiers, délais, etc.)↩
- Pour plus de détails, voir https://dekamer.mijnopinie.belgium.be/pages/initiatives↩
- Les citoyens sont consultés ou écoutés, mais n’ont aucune garantie que leur avis sera suivi.↩
- Les citoyens co-décident ou décident directement.↩
- Plus d’infos sur la plateforme democratie.brussels↩
- À titre d’exemple, en Région bruxelloise, le budget pour une commission délibérative sur une thématique est de 90.000 euros, et le budget annuel pour l’assemblée climat est d’environ 275.000 euros.↩
- Panel composé de cinquante personnes tirées au sort, issues de toutes les couches de la population, qui a, pendant huit mois, échangé avec des experts et délibéré pour rédiger une série de recommandations (non contraignantes pour les autorités).↩
- « Climat : la Wallonie met fin à son panel citoyen », Le Soir, 10 mars 2026↩
- https://dekamer.mijnopinie.belgium.be/pages/initiatives↩
- ASBL dont la mission est de développer et soutenir de nouvelles formes de participation citoyenne, afin de renforcer la démocratie dans les communes, les villes, les régions et au niveau national.↩
- Le Conseil citoyen serait composé de citoyennes et citoyens tirés au sort, afin de refléter la diversité de la société. Il pourrait inscrire des thèmes à l’agenda politique et organiser des panels de citoyennes et citoyens qui délibèr eraient sur le thème choisi, s’informer aient auprès d’experts et formuler aient des recommandations. Ces recommandations devraient être suivies. Ce mécanisme associerait durablement les citoyens aux décisions politiques, et pourrait être créé par son inscription dans la Constitution, par l’adoption d’une loi ordinaire ou par une modification du règlement intérieur de la Chambre des représentants. Pour plus de détails, voir https://www.g1000.org/fr/agir ensemble↩
- Voir https://www.assembleeclimat.brussels/↩
- Le travail d’Yvain Juillard (Cie Les Faiseurs de réalités), Cerebrum en particulier, est éclairant à ce sujet. Voir https://www.lesfaiseursderealites.com/↩
- Association sans but lucratif qui œuvre pour une société basée sur la liberté de conscience et d’expression, la lutte contre l’extrémisme, l’impartialité de l’État, la justice sociale, la reconnaissance de la diversité, et l’universalité des droits fondamentaux.↩
- Programmation hybride, à la croisée de la militance et de l’académique. Pour plus d’infos, voir https://le-varietes.be/↩
- Voir https://labo.zone/index.php/who/?lang=fr↩
- Désorceler la Finance est un laboratoire sauvage composé d’artistes, d’activistes, de chercheuses et chercheurs déterminés à nous désenvoûter de la finance (mais pas que). Pour plus d’infos, voir : https://desorcelerlafinance.org/fr/.↩
- Permet de sortir du réalisme capitaliste par la fiction spéculative et collective.↩
- Garanties de participation de toutes et tous, type de question posée, formulation, nombre d’options (choix fermé, binaire, ou ouvert), mobilisation et information préalable (complète, objective, accessible à toutes et tous, non-interférence des autorités), moyens (temps long et financement).↩
- Morel L., « Référendum et volonté populaire : la critique démocratique du référendum », in revue Participations. Le référendum : au nom de la démocratie?, 2018/1 n°20, éd. De Boeck Supérieur, pp. 53 à 84.↩
- Les citoyennes et citoyens ont la possibilité de proposer les sujets à l’ordre du jour des assemblées.↩
- Les citoyennes et citoyens se réunissent pour discuter et décider des lois et affaires publiques.↩
- Ils permettent aux citoyennes et citoyens de voter sur des questions spécifiques ou des changements législatifs.↩
- « The Democrats don’t matter… The real opposition is the media. And the way to deal with them is to flood the zone with shit ». Cette citation provient de l’article de presse « Has Anyone Seen the President ? » écrit par Michael Lewis et publié en 2018 dans le magazine Vanity Fair.↩
- BERNAYS E. L., « Propaganda : Comment manipuler l’opinion en démocratie », éd. La Découverte, Paris, 2007.↩
- CORBION L. V., « Fake news. Face à la désinformation, des outils efficaces s’imposent », in Revue politique, 3 avril 2026↩
- En Europe, plusieurs projets de loi ont vu le jour dans ce but. À titre d’exemple, le parlement gallois a voté, le 17 mars 2026, une loi appelée « loi Fake news », visant à exclure de la fonction politique les élues et élus ainsi que les candidates et candidats reconnus coupables d’avoir menti délibérément au public.↩
- BOURGAUX A-E., « Le référendum en Belgique, fantôme constitutionnel », in Revue politique, 27 janvier 2026↩
- Grâce à une campagne de désobéissance massive et publique. En France, en 1971, une pétition appelant à la légalisation de l’avortement a été publiée dans Le Nouvel Observateur. Ce plaidoyer, appelé « Manifeste des 343 », comprenait une liste de 343 Françaises reconnaissant publiquement avoir eu recours à l’avortement et s’exposant ainsi à des poursuites pénales. En 1973, les médecins ont suivi, avec le « Manifeste des 331 », affirmant avoir pratiqué l’avortement pour des raisons humanitaires.↩
- L’État belge a d’ailleurs été condamné à de multiples reprises pour ses manquements, dans l’Affaire Climat (Klimaatzaak) par exemple, ainsi qu’en matière d’accueil des demandeuses et demandeurs d’asile.↩
- Mouvement citoyen, social et culturel. Indépendant et autonome, il a pour mission de développer l’esprit critique et d’œuvrer à l’émancipation collective par le biais de pratiques informelles.↩
- Version institutionnalisée, structurée et financée par les pouvoirs publics.↩
- Ma pratique se situe à cet endroit-là. La fabrique du Commun articule réflexions, savoirs et outils de lutte depuis le champ du droit du pouvoir judiciaire, par le biais de l’expérience performative. Voir https://www.veronique dockx.com/la-fabrique-du-commun↩
- Voir https://www.habitants-des-images.be↩
- Voir https://www.instagram.com/la_liguecscbxl/↩
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