
Face aux bouleversements multiples qui marquent l’évolution du monde, la stupeur ne doit pas nous immobiliser.
Face aux bouleversements multiples qui marquent l’évolution du monde, il est normal de se sentir parfois dépassé, dépourvu de réponse. Cet état de stupéfaction n’est cependant pas une condamnation à l’immobilisme. C’est un état passager qui suscite des émotions et des réflexions qui peuvent, elles, devenir des moteurs d’action.
Pour ce faire, nous avons besoin de contextes sociaux, de liens, de débats pour tester nos idées et constater leurs limites, d’espaces où tout ce qui nous anime individuellement peut devenir des pistes d’actions collectives. Cette édition consacrée au Festival des Libertés se veut à nouveau une invitation à sortir des algorithmes et de l’isolement pour faire société, créer du sens et du lien, dans un contexte propice à faire des rencontres inattendues et enrichissantes.
L’intention derrière la thématique du soulèvement n’est pas simplement de s’opposer. C’est plutôt de se soulever pour faire advenir le projet de société ouverte, libre et démocratique que nous portons. L’invitation est de réfléchir aux contours des solidarités présentes et celles à inventer pour défendre les droits fondamentaux de toutes et tous et d’en conquérir de nouveaux.
Les articles qui composent ce numéro sont pour certains des invitations aux conférences débats que nous vous proposons au Festival des Libertés, pour d’autres, des réflexions qui permettent de développer la thématique. L’ensemble ne prétend pas épuiser un sujet aussi riche, mais devrait permettre de nourrir la réflexion libre exaministe de chacune et chacun.
Venez au Festival des Libertés du 8 au 17 octobre, venez partager vos opinions avec celles des orateurs lors des conférences-débats, venez profiter de toute notre programmation que vous trouverez dans ce Bruxelles Laïque Échos.
Je serai très heureuse de vous rencontrer que ce soit lors d’une conférence-débat, devant un documentaire, en assistant à un concert, en découvrant nos deux expositions, ou tout simplement au bar dans l’ambiance festive toujours très appréciée par nos habitués.
Bon Festival à toutes et à tous.
À lire ensuite

Stupeur et soulèvements
Bruxelles Laïque Échos
Dans le langage ordinaire, la stupeur est un état de choc ou de sidération morale qui rend physiquement inerte. Être stupéfait se traduit par être bouche bée. Or, l’évolution des mutations géopolitiques qui pèsent sur nos démocraties est d’une ampleur telle que la stupéfaction devient une réaction normale. « L’état de nature » et la loi du plus fort qui caractérisent les relations internationales contraignent nos États à se militariser, ce qui engendre nombre de conséquences néfastes pour nos libertés individuelles. C’est justement pour ces raisons que nous devons nous mobiliser collectivement. Cette édition du Festival des Libertés se veut une invitation à réfléchir aux modalités des soulèvements nécessaires à l’élargissement des solidarités et des droits fondamentaux.

Fenêtre d’Overton : comment l’extrême droite devient-elle acceptable ?
Adam Gigan
Il y a des événements qui nous choquent parce qu’ils semblent dépasser une limite. Et puis il y a ceux qui nous interrogent parce que, précisément, cette limite semble avoir disparu. Le 17 février 2026, l’Assemblée nationale (France) observait une minute de silence en hommage à Quentin Deranque, jeune homme de 23 ans mort quelques jours plus tôt à Lyon après une violente altercation. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, déclarait alors : « Personne ne devrait mourir à 23 ans. Personne ne devrait mourir pour ses idées »,1 avant d’appeler les députés à observer une minute de silence. Personne ne devrait être tué pour ses opinions, ses engagements ou ses convictions. Mais cette évidence ne suffit pas à épuiser la question. Car Quentin Deranque n’était pas simplement un jeune homme pris au hasard dans une rixe. Les enquêtes publiées depuis sa mort ont documenté ses proximités avec différentes composantes de l’extrême droite radicale : milieux identitaires, nationalistes-révolutionnaires, Action française, Academia Christiana ou encore Némésis2.

Hyperpolitics. Extreme Politicization Without Political Consequences
Paola Hidalgo
Que penser d’un auteur dont les inspirations oscillent entre Michel Houellebecq et Annie Ernaux ? Dans Hyperpolitics, Anton Jäger assume des références culturelles aussi contrastées que provocantes, tout en explorant un paradoxe contemporain : l’hyperpolitisation de nos sociétés, dépourvue de conséquences politiques tangibles. Tour d’horizon d’une pensée audacieuse et déstabilisante, qui n’hésite pas à bousculer les cadres théoriques traditionnels.

