
Fenêtre d’Overton : comment l’extrême droite devient-elle acceptable ?
Par Adam Gigan
Il y a des événements qui nous choquent parce qu’ils semblent dépasser une limite. Et puis il y a ceux qui nous interrogent parce que, précisément, cette limite semble avoir disparu. Le 17 février 2026, l’Assemblée nationale (France) observait une minute de silence en hommage à Quentin Deranque, jeune homme de 23 ans mort quelques jours plus tôt à Lyon après une violente altercation. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, déclarait alors : « Personne ne devrait mourir à 23 ans. Personne ne devrait mourir pour ses idées »,1 avant d’appeler les députés à observer une minute de silence. Personne ne devrait être tué pour ses opinions, ses engagements ou ses convictions. Mais cette évidence ne suffit pas à épuiser la question. Car Quentin Deranque n’était pas simplement un jeune homme pris au hasard dans une rixe.
Les enquêtes publiées depuis sa mort ont documenté ses proximités avec différentes composantes de l’extrême droite radicale : milieux identitaires, nationalistes-révolutionnaires, Action française, Academia Christiana ou encore Némésis2.
Nous pouvons alors nous demander ce que produit, d’un point de vue politique, le choix de transformer cette mort en un événement national. La question n’est pas de savoir si une personne appartenant à l’extrême droite mérite de mourir. La réponse est non. Elle ne l’a jamais été. Il s’agit plutôt de comprendre comment et pourquoi un événement particulier devient un symbole politique, comment certains récits s’imposent, comment certaines figures deviennent visibles et d’autres restent dans l’ombre. Et surtout, comment ce qui semblait hier impensable, indicible ou inacceptable peut-il progressivement devenir pensable, dicible et acceptable?
Quand l’impensable entre dans le débat public
La notion de « fenêtre d’Overton »3 permet de penser ce déplacement. Elle désigne le spectre des idées considérées comme acceptables dans une société à un moment donné. Une proposition située en dehors de cette fenêtre peut être perçue comme radicale ou impensable ; mais cette fenêtre n’est pas immobile. Elle peut se déplacer. Ce déplacement ne signifie pas nécessairement qu’une majorité de la population adhère soudainement à une idée extrême, il peut être beaucoup plus progressif. Une idée est d’abord formulée à la marge. Elle choque. Elle est répétée. Elle est commentée. Elle entre dans les médias. Elle devient un objet de débat. Puis, à force d’être exposée, elle cesse de paraître totalement étrangère au paysage politique. Ce qui était hier présenté comme une position radicale devient familier et une opinion parmi d’autres.
Le phénomène est particulièrement visible lorsque le débat public se déplace lui-même. Pour discuter d’une idée, il faut d’abord accepter qu’elle puisse être discutée. Et lorsqu’une proposition auparavant exclue du champ du débat devient un sujet de discussion légitime, une première frontière a déjà été franchie. Le problème n’est donc pas seulement ce que nous pensons. Il est aussi de savoir ce que nous considérons comme digne d’être pensé et discuté. C’est précisément là que l’affaire Deranque devient intéressante. La minute de silence n’est pas en elle-même une adhésion aux convictions politiques du défunt. La présidence de l’Assemblée nationale a d’ailleurs présenté
son hommage comme une condamnation de la violence et de la haine, sans distinction de convictions. Mais l’événement a rapidement été intégré à une bataille politique plus large. Dans l’hémicycle, plusieurs interventions ont opposé « extrême gauche » et « extrême droite », tandis que certains députés ont utilisé la mort de Deranque pour dénoncer la violence politique de l’ultragauche. Autrement dit, la question n’est plus seulement : « Que s’est-il passé à Lyon ? » mais plutôt : « Dans quel récit politique cette mort va-t-elle s’inscrire ? ». D’ailleurs, la présidente de l’Assemblée nationale a présenté son mea culpa lorsqu’elle a appris que Quentin Deranque faisait l’éloge du nazisme (révélations par Mediapart) et avait tenu pléthore de propos racistes et antisémites4. Elle a dit, et je cite : « qu’on peut regretter la minute de silence »5.
Les mots ne décrivent pas seulement le monde, ils le cadrent
Les travaux de George Lakoff6 permettent d’aller plus loin. Pour le linguiste américain7, les débats politiques ne portent pas uniquement sur des idées ou des faits. Ils portent aussi sur les cadres à travers lesquels nous interprétons ces faits. Un même événement peut être raconté de différentes manières. Selon les mots utilisés, certaines dimensions deviennent centrales tandis que d’autres passent au second plan.
Dans l’affaire Deranque, plusieurs récits sont possibles. On peut parler de la mort d’un jeune homme victime d’une violence politique. On peut parler de la mort d’un militant nationaliste et fasciste tué dans un affrontement avec des antifascistes. On peut parler de la violence de l’ultragauche. On peut parler de la progression de l’extrême droite radicale. On peut encore raconter l’événement comme la conséquence d’une polarisation croissante du débat public. Aucun de ces cadres n’est totalement neutre selon Lakoff.
Le choix des mots influence les questions que nous allons ensuite nous poser. Si l’événement est principalement cadré comme une confrontation entre « deux extrêmes », le débat s’organiser ait autour de la symétrie qui dirait que les deux camps seraient violents et responsables de la dégradation du débat public et qu’ils constitueraient une menace comparable. Mais si l’événement est cadré
comme l’aboutissement d’une confrontation entre une mouvance antifasciste et une extrême droite radicale, d’autres questions apparaissent : pourquoi ces groupes se confrontent-ils ? Quels sont leurs objectifs ? Quelles idéologies défendent-ils ? Quelle place occupent-ils dans le paysage politique ? Comment leurs actions sontelles représentées ? Le cadrage ne décide pas nécessairement de la réponse. Mais il influence fortement la question à laquelle nous essayons de répondre. Et c’est là que le langage devient politique.8
Qui a le pouvoir de nommer?
Cette question nous rapproche de Pierre Bourdieu et de son analyse du pouvoir symbolique9. Le pouvoir politique ne consiste pas seulement à gouverner ou à voter des lois. Il consiste aussi à participer à la définition légitime de la réalité sociale : nommer, catégoriser, qualifier, hiérarchiser. Qui est « radical »? Qui est « raisonnable »? Qui est « extrémiste »? Qui est « républicain »? Qui est « violent »? Qui est « respectable »? Ces mots semblent parfois décrire objectivement la réalité. Pourtant, leur emploi est toujours situé. Il existe ainsi une forme de lutte pour imposer les catégories à travers lesquelles nous regardons le monde. Celui qui parvient à faire reconnaître son vocabulaire imposerait en partie les termes du débat. C’est peutêtre l’un des aspects les plus importants de la bataille politique contemporaine.
L’extrême droite n’a pas seulement progressé en nombre de voix ou en représentation électorale. Elle a aussi réussi, dans certains cas, à déplacer les termes de la conversation publique. Des sujets autrefois confinés à des groupes marginaux ont été progressivement installés au centre du débat. Le « grand remplacement » en est un exemple particulièrement révélateur. Théorie développée par l’écrivain Renaud Camus, cette notion a longtemps été considérée comme une théorie conspirationniste et marginale. Elle est pourtant devenue un objet récurrent du débat politique et médiatique français, notamment à travers la candidature d’Éric Zemmour à l’élection présidentielle de 2022 et instrumentalisée par de nombreux essayistes sur CNews. Le phénomène mérite d’être observé sans simplification. Le fait qu’une expression entre dans les médias ne signifie pas que les journalistes ou le public y adhèrent. Mais sa répétition change quelque chose car elle rend le terme familier. Et la familiarité n’est
pas l’adhésion mais elle peut être une condition de la banalisation.
Le biais du faux consensus
Il existe ici un piège cognitif particulièrement intéressant, le biais du faux consensus (très bien expliqué par Albert Moukheiber dans un reportage sur Arte appelé « Défier ses biais cognitifs »). Nous avons tendance à surestimer le nombre de personnes qui partagent nos propres opinions, nos valeurs et nos évidences. Ce qui nous semble acquis peut donc nous paraître universel. Or une société démocratique est traversée par des représentations profondément différentes. Ce qui paraît évident à une partie de la population peut sembler radical à une autre. Ce qui semblait inacceptable il y a dix ans peut être devenu un sujet de débat ordinaire. Et inversement, certaines idées peuvent être rejetées par une grande partie de la population tout en étant omniprésentes dans l’espace médiatique.
Cette distinction semble essentielle : la visibilité d’une idée ne signifie pas son acceptation, mais elle modifie son statut dans l’espace public. C’est justement le mécanisme qui rend la fenêtre d’Overton intéressante. Le déplacement ne passe pas nécessairement par une conversion massive des consciences. Il peut commencer beaucoup plus simplement par la répétition, l’exposition et l’habituation. À force d’entendre une proposition, nous pouvons finir par ne plus être surpris qu’elle soit formulée. Et ce changement est déjà politique.
La stratégie du choc
Le paradoxe est que la présence d’une position radicale peut parfois contribuer à rendre une position plus modérée relativement acceptable. Des travaux sur le « radical flank effect » montrent en effet qu’une faction adoptant des positions ou des tactiques plus radicales peut, par effet de contraste, conduire le public à percevoir une faction plus modérée comme moins extrême. La comparaison modifie ainsi la perception de ce qui paraît raisonnable10. Ce mécanisme ne signifie pas nécessairement qu’une idée radicale devient elle-même acceptable. Il peut aussi contribuer à déplacer le point de référence à partir duquel nous évaluons les autres propositions. Une position qui paraissait auparavant radicale peut alors sembler
modérée lorsqu’elle est placée à côté d’une proposition plus extrême.
Une bataille pour définir les victimes
L’affaire Deranque révèle également une autre dimension du cadrage : celle de la bataille autour de la figure de la victime. Une victime est rarement seulement une victime dans le débat politique. Elle devient un symbole. Sa mort peut être présentée comme la preuve d’un phénomène plus large. Elle peut servir à dénoncer une idéologie, une mouvance, un gouvernement, un groupe social ou un adversaire politique.
Dans le cas présent, la mort de Quentin Deranque a rapidement été mobilisée pour dénoncer la violence de l’ultragauche. Plusieurs responsables politiques ont ainsi présenté son décès comme la conséquence d’une radicalisation politique et d’une banalisation de la violence. Ce récit ne signifie pas que la violence antifasciste doit être excusée. Frapper une personne au sol et provoquer sa mort ne peut pas être justifié par ses opinions politiques.
Mais il faut aussi se demander ce que devient le débat lorsque la violence d’un camp devient le prisme à travers lequel on regarde l’ensemble du problème. Car l’enjeu démocratique n’est pas de choisir quelle violence nous indigne. Il est de comprendre pourquoi certaines violences deviennent politiquement centrales, tandis que d’autres restent secondaires ou disparaissent du récit. Cette question dépasse largement l’affaire Deranque. Elle concerne la manière dont nous choisissons les victimes auxquelles nous accordons notre attention, les causes auxquelles nous attribuons leur mort et les responsables que nous désignons.
Lorsque les extrêmes finissent par se confondre
L’une des conséquences possibles de cette bataille des récits est la construction d’une représentation en miroir qui dirait que « les extrêmes se valent ». Cette formule peut sembler rassurante. Elle donne l’impression d’une position équilibrée : condamner les violences des deux côtés. Mais cette symétrie peut aussi devenir un cadre qui empêche de penser les différences historiques, idéo-
logiques et politiques entre les mouvements concernés. Dire que toute violence est condamnable est une évidence démocratique. Mais cela ne signifie pas que toutes les idéologies, tous les projets politiques ou toutes les violences ont la même signification. Refuser la violence ne dispense pas de regarder ce qu’elle défend.
L’histoire du fascisme et du nazisme nous rappelle que les idéologies politiques ne sont pas de simples opinions concurrentes dans un marché neutre des idées. Certaines ont construit leur projet sur la hiérarchisation des êtres humains, le racisme, l’antisémitisme, le nationalisme ethnique et la destruction des libertés démocratiques. Il faut donc pouvoir condamner une violence sans perdre la capacité à analyser le contexte idéologique dans lequel elle apparaît. Sinon, la recherche d’une apparente neutralité peut produire un effet paradoxal et elle finit par mettre sur le même plan ceux qui combattent une idéologie et ceux qui la défendent.
Le véritable danger : ne plus voir le déplacement
La question qui devrait alors nous préoccuper n’est peut-être pas seulement : « L’extrême droite progresse-t-elle ? » mais elle serait plus subtile : À quel moment cessons-nous de percevoir qu’une frontière a été déplacée ? C’est peut-être cela, finalement, la véritable force de la banalisation. Lorsqu’une idée nous choque, nous pouvons encore la questionner. Lorsqu’elle devient familière, nous pouvons commencer à ne plus la remarquer. Lorsqu’elle devient ordinaire, nous pouvons finir par oublier qu’elle ne l’a pas toujours été. La normalisation ne signifie donc pas nécessairement que tout le monde adhère. Elle peut simplement signifier que nous avons cessé de nous demander pourquoi une idée se trouve désormais là où elle se trouve.
Le plus grand danger serait de s’habituer progressivement à ce qui nous semblait autrefois inacceptable. Une phrase, un débat, une polémique, une provocation, une répétition, un plateau de télévision, une publication virale, une récupération politique. Puis une autre. Pris séparément, chacun de ces événements peut sembler anodin. Pris ensemble, ils peuvent modifier progressivement le paysage mental dans lequel s’exerce la politique.
Résister à la fabrique de l’acceptable
Face à cela, que faire ? La première réponse ne peut pas être simplement de dénoncer davantage. C’est là que Lakoff redevient particulièrement intéressant. Répondre constamment au cadre imposé par son adversaire peut contribuer à installer ce cadre. Si l’on reprend sans cesse les mots de l’autre pour les réfuter, on risque parfois de participer soi-même à leur diffusion. Résister suppose donc aussi de construire d’autres récits. Cela signifie replacer les événements dans leur contexte, refuser les fausses symétries, interroger les mots employés, distinguer les faits des interprétations et rendre visibles les mécanismes de construction du débat.
Cela signifie également accepter la complexité. Dans une démocratie saturée d’informations, la simplification est devenue une ressource politique extrêmement puissante. Une phrase choc circule plus vite qu’une analyse. Une indignation est plus immédiatement partageable qu’une nuance. Un ennemi clairement identifié est plus facile à comprendre qu’un système complexe de responsabilités. Mais c’est précisément pour cette raison que l’éducation populaire, le journalisme (le vrai), les médias indépendants et les espaces de discussion collective conservent une fonction essentielle.
Ils peuvent nous aider à poser une question devenue presque dérangeante : pourquoi pensons-nous ce que nous pensons ? Pourquoi cette expression nous paraît-elle normale ? Pourquoi cette personne nous paraît-elle légitime ? Pourquoi cette autre nous semble-t-elle dangereuse ? Pourquoi cette violence nous bouleverse-t-elle davantage qu’une autre ? Pourquoi certains sujets sont-ils omniprésents alors que d’autres disparaissent?
La démocratie ne consisterait pas uniquement à permettre la confrontation des opinions. Elle suppose aussi que nous puissions interroger les cadres dans lesquels cette confrontation se déroule. Car la liberté de penser ne consiste pas seulement à pouvoir choisir entre plusieurs réponses. Elle consiste aussi à pouvoir remettre en question les questions elles-mêmes. C’est peut-être là que commence la résistance à la fabrique de l’acceptable. L’enjeu n’est pas de construire une société dans laquelle aucune idée ne pourrait évoluer. Une démocratie vivante
doit précisément pouvoir changer, remettre en question ses normes et déplacer certaines frontières. Mais elle doit être capable de reconnaître ces déplacements. Car ce qui est véritablement inquiétant n’est pas qu’une frontière bouge, c’est qu’elle puisse bouger sans que nous nous en apercevions. Et qu’un jour, en regardant derrière nous, nous découvrions que ce qui nous semblait autrefois impensable est devenu non seulement pensable, mais presque ordinaire11.
Notes
- https://www.youtube.com/watch?v=J76MZgpG3-8 Prise de parole de la présidente de l’Assemblée nationale.↩
- https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/02/17/ quentin-deranque-un-etudiant-pieux-au-croisement-deschapelles-de-l-extreme-droiteradicale_6667037_823448. html?srsltid=AfmBOopG6UL- 2qD_M5L1IGcyVOc0ZGP_1dtngvg Gbxbdtopbbo Tyg Yp Bg.↩
- La « fenêtre d’Overton » désigne, en science politique, l’ensemble des idées et propositions considérées comme acceptables ou légitimes dans le débat public à un moment donné. La notion permet de penser le déplacement des limites de ce qui peut être publiquement défendu, notamment lorsque des idées auparavant marginales ou jugées extrêmes deviennent progressivement discutables, puis acceptables.↩
- https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/03/13/ yael-braun-pivet-choquee-apres-les-revelations-de-mediapart-sur-les-propos-racistes-et-antisemites-attribues-a-quentin-deranque_6671101_3224. html?srsltid=AfmBOoqb- ZFuxTaH1GG6HC_khMmy0Gv3-FmE8qXOC7jMmeR- EEpxv7wcq-↩
- https://www.youtube.com/watch?v=jKt6QOU6_98&t=366s Voir la vidéo, notamment le passage compris entre 06:00 et 07:30.↩
- https://www.youtube.com/watch?v=56S-ooXacQ8 Lakoff, Framing The Role of the Brain in Politics↩
- https://www.bartleby.com/essay/The-Framing-Of-Immigration-By-George-Lakoff-FKRF-M7KVGXZW The Framing Of Immigration By George Lakoff And Sam Ferguson↩
- C’est d’ailleurs une question que nous avions développée au Festival des Libertés l’année passée dans le cadre d’un débat nommé « Extrême droite : grammaire du simulacre »que vous pouvez retrouver en podcast sur Spotify : https://open.spotify.com/episode/2HUysHXVU nc8Al2NgJyU7W?si=4d0e- 311b13e0420e Lien vers le débat « Extrême droite : grammaire du simulacre »↩
- Pour Pierre Bourdieu, le pouvoir symbolique désigne notamment le pouvoir d’imposer une vision légitime du monde social. La « lutte pour le pouvoir symbolique de nomination » consiste ainsi à imposer des catégories et des principes de classement à travers lesquels la réalité sociale est perçue et organisée. Voir Pierre Bourdieu, « Espace social et genèse des “classes” », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 52, 1984, p. 3-14.↩
- https://academic.oup.com/pnasnexus/article/1/3/ pgac110/6633666↩
- Pour suivre l’évolution de l’extrême-droite en Europe, voir L’extrême droite en Europe - État des lieux de l’extrême droite en Europe.↩
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