École en lutte : l’école en commun

École en lutte : l’école en commun

Par Alexis Etienne

Né pendant la crise sanitaire, École en lutte s’est installé dans le paysage de l’enseignement francophone sans devenir un syndicat, ni un parti. Depuis 2021, ce collectif belge documente les conditions de travail, conteste les logiques managériales et défend l’auto-organisation en milieu scolaire. En 2026, alors que la colère déborde largement ses propres rangs, il se retrouve au milieu d’un mouvement qu’il n’a pas créé, mais auquel cinq années de luttes l’ont préparé. Tentative de portrait du collectif.

La naissance d’un collectif

École en lutte naît en 2021, pendant la crise sanitaire. Ses premières traces publiques, notamment sur les réseaux sociaux, remontent au printemps de la même année. Le contexte est celui d’une école soumise depuis des mois aux fermetures, quarantaines, protocoles changeants et décisions prises dans l’urgence. Enseignantes et enseignants, équipes éducatives, élèves et parents vivent la crise dans les établissements. Beaucoup ont le sentiment que la parole de celles et ceux qui font concrètement l’école pèse (trop) peu dans la manière dont elle est gouvernée.

Le collectif apparaît dans cette fissure, pas d’une structure déjà installée. Son histoire publique est celle d’un espace de discussion et de mobilisation construit depuis le terrain scolaire. Les sources disponibles permettent d’en établir la continuité, beaucoup moins son organigramme. Personne n’est publiquement identifié, aucun chiffre ne permet de mesurer son nombre de membres, et aucun document accessible ne décrit précisément une direction ou une organisation interne. Et c’est peut-être tant mieux.

Car ce flou ne signifie pas absence d’organisation. Dès ses premières années, École en lutte développe des groupes de travail, participe aux mobilisations enseignantes et construit ses propres initiatives. Ce qui l’intéresse dépasse progressivement la succession des crises. Le collectif commence à parler de pénurie, d’évaluation, de bâtiments, de taille des classes et, surtout, de la manière dont le travail enseignant est dirigé, organisé.

En avril 2023, lors d’une importante mobilisation, à Bruxelles, contre la nouvelle procédure d’accompagnement et d’évaluation des enseignants, BRUZZ donne la parole à Maxime L. au nom du collectif. Celui-ci explique qu’il faut écouter les personnes qui sont « devant les classes » et critique une logique de « managérialisme ». École en lutte réclame alors notamment quinze élèves maximum par classe et de meilleurs bâtiments scolaires1.

Le chiffre de quinze élèves est resté. Il dit davantage qu’un catalogue de revendications. Là où les réformes se racontent souvent en objectifs, indicateurs, plans de pilotage et trajectoires budgétaires, le collectif ramène constamment le débat vers les conditions

matérielles : combien d’élèves dans la pièce ? Combien d’adultes pour les accompagner ? Combien de collègues absents ? Combien de temps pour préparer, corriger, rencontrer une famille, reprendre une difficulté?

Cette critique précède largement le gouvernement MR-Les Engagés aux commandes actuellement. École en lutte contestait déjà certaines orientations du Pacte pour un Enseignement d’excellence sous la majorité précédente. C’est un point essentiel pour comprendre sa place aujourd’hui : il n’est pas né contre Valérie Glatigny et n’est pas un produit de la seule vague de protestation de 2025-2026. Quand cette dernière éclate, le collectif possède déjà plusieurs années d’expérience.

Le travail derrière le tableau

À mesure qu’il se structure, un mot revient : management. Pour École en lutte, la question n’est pas de nier qu’un système scolaire doit être organisé, évalué ou administré. La critique porte sur une transformation du métier par l’accumulation d’objectifs, de procédures, d’indicateurs, de prescriptions et d’outils de contrôle. Impatient d’apprendre et de se former, en 2025, le collectif organise ainsi un arpentage qui donne la couleur de ses préoccupations : un livre de Frédéric Grimaud, « Enseignants, les nouveaux prolétaires. Le taylorisme à l’école ». Le texte de présentation de cet événement relie explicitement cette réflexion au Pacte pour un Enseignement d’excellence et aux nouvelles mesures annoncées par la majorité MR-Les Engagés2.

La méthode compte autant que le sujet. L’événement n’est pas présenté comme une conférence avec un expert venu délivrer la bonne lecture. Le livre doit être partagé, lu et discuté collectivement. Cette manière de travailler raconte une certaine conception du savoir militant : produire ensemble une grille de lecture plutôt que recevoir une expertise prête à l’emploi.

Un texte publié en 2024 dans Imag, le magazine du Centre Bruxellois d’Action Interculturelle (CBAI), étend cette réflexion au numérique scolaire. École en lutte y interroge la généralisation des plateformes, logiciels et outils numériques dans les établissements : effets sur les inégalités entre familles, augmentation possible de la charge de travail,

porosité entre domicile et école, protection des données, dépendance à des entreprises privées. Le collectif ne prône pas une école sans technologie : il demande que les équipes puissent réellement discuter et choisir leurs outils, qu’une alternative non numérique existe et que les logiciels libres et locaux soient privilégiés3.

Le fil rouge se précise. Derrière l’évaluation, les plateformes, la pénurie ou la taille des classes revient la même question : qui décide des conditions concrètes dans lesquelles l’école fonctionne?

Ni doublon, ni contre les syndicats

Cette question en entraîne une autre : pourquoi construire un collectif autonome alors que l’enseignement belge dispose déjà de puissantes organisations syndicales?

Les faits empêchent de présenter École en lutte comme un mouvement anti syndical. Des personnes qui s’en revendiquent sont elles-mêmes parfois déléguées. Les actions du collectif croisent d’ailleurs régulièrement les journées de grève et manifestations portées par le front commun.

La différence entre une structure syndicale et un mouvement plus spontané se situe moins dans l’utilité des syndicats, qui n’est bien évidemment pas remise en question, que dans la question de l’initiative. École en lutte veut multiplier les possibilités et conserver un espace où des personnels de différents établissements et syndicats peuvent se réunir, préparer un piquet, échanger des informations, décider d’une action locale ou discuter de la poursuite d’un mouvement sans attendre que toute la stratégie soit arrêtée ailleurs.

Cette autonomie crée parfois des tensions. Fin 2025, Célia Ponce – enseignante – intervient publiquement au nom d’École en lutte lors d’un rassemblement devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Quelques semaines plus tard, le Comité CGSP Enseignement-Recherche de l’ULB dénonce son exclusion de la CGSP Enseignement Bruxelles et affirme que son engagement dans École en lutte lui est reproché. Le collectif demande sa réintégration4.

Si des conclusions structurelles ne peuvent

pas être tirées à partir de cet exemple, l’épisode révèle néanmoins une ligne de fracture réelle. Un collectif de base peut agir sur le même terrain qu’un syndicat, travailler avec ses militants, bénéficier de ses préavis et, dans le même temps, contester le rythme ou les formes de mobilisation décidés par ses structures.

Opposer une base forcément vertueuse à des appareils potentiellement immobiles serait trop simple. Sans les syndicats, les grèves et les négociations perdraient une grande partie de leur couverture, de leurs moyens et de leur capacité nationale. Sans des formes plus souples de coordination, une part de l’initiative locale peut disparaître entre deux journées d’action. École en lutte occupe précisément cet entre-deux.

Quand un « petit » collectif rencontre un grand mouvement

C’est cette année que son histoire change d’échelle.

Depuis le début de la nouvelle législature, les mesures budgétaires et réformes portées par la majorité MR-Les Engagés alimentent une contestation croissante dans l’enseignement. Des équipes se mobilisent, les assemblées se multiplient, des élèves et des parents entrent dans le mouvement. En mars apparaît Mars Attacks, qui se présente comme un collectif interréseaux des acteurs de l’enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Son développement est rapide. Son site répertorie plusieurs centaines d’écoles et de groupes mobilisés et mentionne explicitement, parmi eux, le « Collectif École en lutte »5.

La distinction est importante : École en lutte et Mars Attacks ne sont pas deux noms pour la même structure. Le premier existe depuis 2021; le second naît cinq ans plus tard dans une séquence de mobilisation beaucoup plus large. Des militants participent aux deux « espaces », les actions se croisent et les revendications peuvent converger, mais les histoires et les fonctions diffèrent.

Pour École en lutte, cette arrivée change la situation. Pendant des années, le collectif a travaillé à une échelle relativement modeste. En 2026, les idées d’assemblée, de coordination entre écoles, d’action locale et d’auto-

organisation rencontrent soudain un public beaucoup plus large.

Le 2 juin 2026, plusieurs établissements bruxellois connaissent des piquets de grève. Une enquête de Bruxelles Dévie rapporte qu’École en lutte en coordonne dans différentes communes de la capitale, notamment à Ganshoren, Uccle, Watermael- Boitsfort, Saint-Gilles, Molenbeek et Bruxelles-Ville6. Il ne « dirige » pas la mobilisation et ne peut ni ne veut en revendiquer la propriété. Il agit plutôt comme un des nœuds d’un réseau devenu polycentrique.

C’est sans doute là que ses cinq années d’existence comptent le plus. Lorsqu’un mouvement démarre rapidement, les organisations anciennes disposent d’un capital difficile à quantifier : des contacts, une mémoire des mobilisations passées, des habitudes de réunion, des personnes qui savent où trouver l’information et comment transformer un appel général en action locale.

École en lutte n’est plus seul à défendre ce type de fonctionnement. Mais il n’a pas besoin de l’inventer au printemps 2026.

Sortir de l’école pour défendre l’École

Un deuxième changement traverse le collectif : l’école cesse progressivement d’être pensée comme un secteur isolé.

En mars 2026, École en lutte participe à une assemblée interprofessionnelle bruxelloise aux côtés de Santé en lutte, du Groupe 31 mars, de membres du personnel du CHU Saint-Pierre et du secteur psycho-médicosocial. Quelques jours plus tard, BX1 décrit un bloc interprofessionnel réunissant notamment pompiers, Santé en lutte, École en lutte et représentants de centres PMS lors de la mobilisation nationale contre les mesures du gouvernement fédéral7. La boucle est bouclée : le collectif né en s’inspirant de Santé en lutte marche cinq ans plus tard avec lui.

Cette convergence traduit une lecture politique : les difficultés de l’école ne sont pas seulement des problèmes scolaires, mais aussi le produit de choix budgétaires, de formes d’organisation du travail et d’un affaiblissement plus général de l’entièreté de « nos » services publics. Ce cadre inscrit nettement École en lutte dans une forme de

progressisme social belge ancré à gauche : défense des services publics, refus des politiques d’austérité, attention aux inégalités, gratuité et action collective structurent ses interventions.

En 2026, son propre matériel de présentation assume d’ailleurs explicitement des marqueurs antifascistes, antiracistes et anticapitalistes, ainsi que la revendication d’un enseignement totalement gratuit et de classes de quinze élèves maximum8. Cette identité politique est aujourd’hui beaucoup plus formulée qu’aux débuts du collectif.

Quand les élèves entrent dans la danse

École en lutte s’était adressée dès ses débuts à un public plus large que les seuls enseignants. Mais les mobilisations du printemps font apparaître les jeunes comme acteurs autonomes : blocages, rassemblements, prises de parole, organisations spécifiques. Mars Attacks, Parents Attacks, Students Attacks et École en lutte se retrouvent alors dans un espace de contestation qui ne peut plus être décrit comme une simple grève du personnel.

Les journées des 4 et 5 juin 2026 constituent un moment de tension. À Bruxelles, les manifestations autour du vote de mesures concernant l’enseignement sont accompagnées d’incidents légers et d’interventions policières rugueuses. À travers une carte blanche cosignée par des citoyens et des associations de défense des droits, la Ligue des droits humains et le DGDE9 dénoncent un usage disproportionné de la force contre des mineurs : une enquête interne est annoncée sur le comportement (filmé) de certains policiers. Le 8 juin, à l’initiative de Mars Attacks, Parents Attacks et École en lutte, une manifestation contre les violences policières rassemble environ 2 500 personnes (selon les chiffres de la police).

Cette séquence montre à quel point le terrain a changé. Le collectif qui, cinq ans plus tôt, naissait de l’envie du personnel scolaire de communiquer ses incompréhensions par rapport à des décisions prises d’en haut se retrouve aux côtés d’élèves revendiquant, eux aussi, une capacité à intervenir dans ce qui se décide sur l’école.

Il serait excessif de faire d’École en lutte le

trait d’union unique entre ces groupes. Le mouvement est composé de multiples foyers et d’une intention collective de garder un maximum de sérénité pour toutes les personnes qui vivent l’école au quotidien. Mais le principe défendu par le collectif depuis ses débuts trouve ici une traduction plus large : celles et ceux qui subissent directement une politique doivent avoir les moyens de peser sur elle.

Qui décide, et comment?

Qui décide ? La question est simple, mais elle touche au cœur d’une institution extrêmement organisée, répartie entre gouvernement, administration, réseaux d’enseignement, pouvoirs organisateurs, directions, syndicats, équipes éducatives, parents et élèves. Et le collectif nous oblige à déplacer constamment le regard vers celles et ceux qui vivent la décision au quotidien.

Ce positionnement explique aussi pourquoi ses revendications peuvent être plus tranchées que celles d’un acteur chargé de et habitué à négocier. Un syndicat doit protéger des statuts, conclure des accords, arbitrer et construire un rapport de force national. École en lutte peut maintenir le fait de militer pour des mesures comme les quinze élèves par classe sans avoir à produire lui-même le budget qui permettrait de les généraliser, mais tout en sensibilisant la population et en obligeant les politiques à se positionner.

Cette liberté est une force : elle déplace la frontière de ce qui est présenté comme raisonnable, elle permet de se poser réellement la question de l’école qu’on souhaite. Elle peut aussi être une limite. Une revendication cohérente ne devient pas une politique publique par la seule puissance de son énoncé. Entre l’horizon et la mesure concrète se trouvent toujours des alliances, des majorités, un rapport de force et un budget.

La mémoire longue

École en lutte ne représente pas l’entièreté du mouvement enseignant. Rien ne permet de lui attribuer une représentativité comparable aux centrales syndicales, ni aux centaines d’établissements réunis par Mars Attacks (plus de 300 au moment d’écrire ces lignes, NDLR).

La distinction protège contre deux erreurs.

La première serait d’en faire le moteur caché des mobilisations de 2026. Les faits ne le permettent pas. Si les liens existent, le mouvement est bien plus large : syndicats, Mars Attacks, écoles, élèves, parents et collectifs locaux produisent leurs propres initiatives.

La seconde serait de le réduire à quelques militants visibles sur les réseaux sociaux. Cinq années d’existence documentée, une production de textes et de rencontres, des liens interprofessionnels et une capacité de coordination locale racontent autre chose.

Son impact dans les luttes actuelles paraît moins tenir à sa taille qu’à sa continuité. Lorsque la contestation change d’échelle, École en lutte possède déjà une identité, des visuels, un vocabulaire, des méthodes et une mémoire. Le collectif sait que les gouvernements changent tandis que certaines critiques du pilotage et des conditions de travail demeurent. Il a déjà expérimenté le rapport parfois complémentaire aux syndicats. Il a déjà appris à transformer une réalité de terrain en dossier administratif ou en campagne publique.

N’ayant pas de site internet et ne communiquant qu’à travers les réseaux sociaux, l’organisation en elle-même peut paraître difficile à voir. Il suffit cependant de les rencontrer pour que tout s’éclaire : le collectif met en avant l’auto-organisation et pratique des groupes de travail et des assemblées. Aux membres et à celles et ceux qui veulent s’y investir de venir y prendre une place s’ils ou elles le souhaitent.

Et après la sonnerie?

Le vrai test commence peut-être lorsque les cortèges se dispersent. Une mobilisation peut remplir les rues et perdre un vote. Une coordination peut se fragmenter au moment des vacances. Les divergences de stratégie reviennent lorsque la pression baisse. Les personnes qui organisent la vie du collectif ont un métier, des corrections, des classes, parfois des responsabilités syndicales ou familiales. Comme toujours, le serpent se mord la queue : le collectif qui dénonce l’épuisement professionnel dépend luimême de militants qui y sont soumis.

Depuis 2021, pourtant, École en lutte a traversé plusieurs séquences sans disparaître. Le Covid s’est éloigné. L’ancienne ministre de l’Éducation a quitté le ministère. Une

autre majorité s’est installée. Mars Attacks est apparu en parallèle d’un changement d’échelle de la contestation enseignante. Les élèves et les parents ont créé leurs propres formes d’organisation et ont rejoint la lutte.

École en lutte continue d’apparaître dans ce paysage mouvant et prend pour habitude de rester, une fois que les écoles se vident, afin de continuer le travail pour le bien commun et de rêver d’une école meilleure. Mais ses cinq années d’existence dessinent une silhouette assez nette : un collectif qui insiste pour obtenir les chiffres, ramène les politiques scolaires aux conditions concrètes du travail, relie l’école aux budgets et les budgets aux choix politiques, travaille avec les syndicats tout en défendant sa capacité d’initiative et cherche désormais à inscrire la défense de l’enseignement dans un mouvement social plus large.

École en lutte n’est pas « l’école » tout entière, et n’a sûrement pas vocation à vouloir l’être.

Il est plutôt l’un de ses laboratoires : un endroit où on s’exerce à une idée simple et exigeante : une école démocratique ne peut pas seulement apprendre à accepter les règles, elle doit aussi accepter que celles et ceux qui les vivent discutent de la manière dont elles sont écrites et entrent dans le rapport de force. Longue vie à eux.

Notes

  1. BRUZZ / Belga, « Duizenden leraren verzamelen voor betoging Franstalig onderwijs », 27 avril 2023.↩
  2. Stuut, Arpentage : « Enseignants, les nouveaux prolétaires. Le taylorisme à l’école de Frédéric Grimaud », publié le 2 juin 2025; rencontre du 11 juin 2025.↩
  3. Collectif École en lutte, Le numérique à l’école : exercice critique », dans Imag (magazine du CBAI).↩
  4. Comité CGSP Enseignement-Recherche de l’ULB, « Nous dénonçons l’exclusion d’une camarade de la CGSP Enseignement Bruxelles »↩
  5. Mars Attacks, site officiel, rubrique « Qui sommesnous ? » et liste des écoles et groupes engagés.↩
  6. Bruxelles Dévie, « Mobilisation : défendre une école pour tou·tes – un mouvement d’ampleur et diversifié », juin 2026.↩
  7. Stuut, « AG interpro du 3 mars ».↩
  8. École en lutte, publication de présentation du collectif, Instagram, 23 avril 2026: « C’est qui école en lutte ? On discute de quoi ? Quelles sont nos revendications ? ».↩
  9. Carte blanche : « Les mineurs ont le droit d’exprimer leurs opinions dans l’espace public », cosignée par 160 signataires.↩

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