LES DIALOGUES EN HUMANITÉ

par | BLE, Démocratie, SEPT 2017

Une dynamique collective pour tenter de revivifier la démocratie ? Cet idéal démocratique qui a inspiré nos systèmes politiques a aujourd’hui largement fait place à une démocratie représentative, délégative même, où les citoyens – en confiant tous les cinq ans la gestion de l’intérêt commun à des représentants – ont perdu tout espoir d’avoir une capacité d’influence car, une fois les élections passées, la plupart de ces représentants prennent des décisions qui les concernent sans les consulter, dans des logiques de plus en plus éloignées de l’intérêt commun.

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un modèle de société qui nous conduit vers l’abîme : croissance économique infinie, prélèvement sans limite des ressources naturelles, prédominance de l’argent et de la logique économique sur la nature et les êtres humains, non-respect des équilibres naturels, modèle patriarcal, éducation à l’obéissance, structures de domination, compétition, violence, exclusion… Modèle que nous sommes pourtant de plus en plus nombreux à rejeter !

Face à cette situation, les citoyens perdent confiance dans le monde politique, ce qui se traduit par un désintérêt croissant pour des élections et une dangereuse montée des populismes.

Avec ce désinvestissement, il est évident que les grands défis ne trouveront pas de solution à la hauteur des enjeux et que les éventuelles avancées issues de mouvements sociaux resteront éphémères, voire réversibles.

Par ailleurs, les citoyens eux-mêmes dans une période assez récente (à partir des années ’70) ont laissé s’échapper les enjeux collectifs pour se laisser bercer par des sirènes individualistes. Ce sont en fait les citoyens et les politiciens qui se sont laissés berner par le développement paroxystique du système capitaliste, système qui est le plus grand écueil de nos démocraties.

Une transition démocratique est donc prioritaire ! Il est temps de redonner au mot “politique” ses lettres de noblesse, d’activer notre citoyenneté en réaffirmant le pouvoir du peuple sur les décisions et les choix qui le concernent.

Cette transition s’amorce aujourd’hui à travers l’émergence de nombreux mouvements sociaux (collectifs citoyens, mouvements associatifs…) un peu partout sur la planète. Ils innovent de nouveaux modes de gouvernance capables de prendre des décisions politiques favorables à l’intérêt général, aux équilibres écologiques nécessaires au bien-vivre de tous et des générations futures.

Parmi ces mouvements sociaux, il y a les Dialogues en humanité, une dynamique participative, née à Lyon et présente aujourd’hui dans soixante villes de par le monde, et dont l’objectif est de populariser le dialogue, sur le principe de l’arbre à palabres, autour des questions de société qui nous concernent pour sortir de l’impuissance et de l’indifférence.

A Bruxelles, de septembre 2017 à juin 2018, des espaces citoyens et de convivialité (ciné-débats, conférences, rencontres, théâtre, visites…), seront proposés, par Dialogues en humanité en partenariat avec des acteurs culturels, associatifs et citoyens, pour lire le monde dans lequel on vit et explorer ensemble les audaces dont nous avons besoin pour retrouver confiance en l’avenir et l’envie d’agir ensemble.

Et les 30 juin et 1er  juillet 2018 aura lieu   la 1ère édition des Dialogues en humanité  à Bruxelles, un festival citoyen sous les arbres d’un parc.

Pourquoi associer les Dialogues avec le questionnement sur l’état de nos démocraties ? Il nous semble qu’ils s’inscrivent dans la définition de la démocratie émise par Paul Ricoeur et reprise par Franck Lepage dans sa première conférence gesticulée : est démocratique une société qui se reconnaît divisée, c’est-à-dire traversée par des contradictions d’intérêts, et qui se fixe comme modalité d’associer à parts égales chaque citoyen dans l’expression, l’analyse, la délibération et l’arbitrage de ces contradictions.

Avec les agoras au cours desquelles chacun est invité à s’exprimer et à échanger, les Dialogues veulent remettre en valeur les deux premiers temps de la démocratie, c’est-à-dire l’expression des contradictions qui traversent notre société, ainsi que l’analyse de celles-ci.

Ensuite, si cette pratique du dialogue et de l’échange peut amener certains citoyens  à s’impliquer plus directement dans la vie de la cité (et donc dans les étapes de la délibération et de l’arbitrage), les Dialogues en humanité contribueront à l’émergence d’une société plus égalitaire.

Plus d’infos :
http://www.dialoguesenhumanite.be

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