DIFFICILE RESPONSABILITÉ. RÉFLEXIONS SUR NOS DOGMES ET LE LIBRE ARBITRE

par | BLE, Démocratie, SEPT 2022

La question de la responsabilité ouvre sur de multiples horizons, à la fois complémentaires, paradoxaux et contradictoires. Quiconque s’engage à traiter de cette question se confronte à une littérature pléthorique et à d’abyssales questions idéologiques, politiques, juridiques, éthiques et morales, sans même parler des différents degrés et partages de responsabilité. Tentons à travers quelques paragraphes, qui demandent à être prolongés et ouvrent à la discussion, de rendre compte de ce kaléidoscope, oscillant entre son rejet et son usage vertueux. De la responsabilité du sujet au libre examen, il n’y a qu’un pas que nous franchissons pour interroger nos tentations à sacraliser des figures ou des causes politiques, et partant, à renoncer à son intelligence devant les dogmes et fétiches ainsi réactivés. Des penchants menant à la déresponsabilisation.

LA RESPONSABILITÉ COMME VOIE MÉDIANE

Il convient tout d’abord de circonscrire notre approche théorique, inspirée par la philosophie morale.[1] Pour le dire simplement, la question de la responsabilité vient percuter le déontologisme, c’est-à-dire l’idée qu’il y a des bons principes en soi et en toutes circonstances (ne pas voler, par exemple), sans pour autant épouser totalement le conséquentialisme, qui postule qu’il ne faut juger les actes qu’au regard de leurs conséquences.

La responsabilité serait ici une “3e voie” qui permet d’évaluer les conséquences des actes posés au regard de nos principes moraux.[2] Ceux-ci, malléables, s’articulent autour de principes universels et particuliers, le tout dans une saisissante superposition de droit et de morale, d’individuel et de collectif, d’actions et d’acteurs, en passant par la persistance de codes d’honneur, etc.[3]

L’épaisseur que l’on donne à la responsabilité vient de l’organisation politique de ces principes, entre conviction et efficacité. Sans convictions, sans “idéologie”, c’est-à-dire sans principes moraux que l’on se donne et permettant l’évaluation entre les fins et les moyens, l’idéal de responsabilité risque de s’enfoncer dans une recherche vide d’efficacité, dans une idéalisation d’une action au nom du réalisme, dans un formalisme vide.

Et sans travail sur les résultats, la conviction prend le risque de se confondre avec l’esbroufe et l’hypocrisie.

(IR)RESPONsABILITÉ COLLECTIVE ET INDIVIDUELLE

“La responsabilité” n’a pas toujours bonne presse lorsqu’elle est vue dans sa dimension individuelle, tant elle est associée à un rapport de pouvoir qui nous individualise à outrance (par exemple, la politique de la “chasse aux chômeurs”) et irresponsabiliserait, dans la foulée, les structures sociales, institutionnelles, politiques, etc. Dans le prolongement de cette crainte, une “responsabilité collective” n’est pas associée à une population, mais envers ces structures. Par exemple, certaines structures politiques collectives, telles qu’un État ou une institution, peuvent être accusées d’avoir manqué à leurs responsabilités (par exemple, concernant le réchauffement climatique, le mauvais état des voiries, les politiques d’évasions fiscales, etc.). De même que le capitalisme, ou plus justement les “politiques du capital”, est un rapport social de production, et non pas la responsabilité de quelques banquiers tirant les ficelles dans l’ombre (imagerie complotiste du phénomène du bouc émissaire).

Pour autant, cette distinction demande à être compliquée. D’une part, la responsabilité individuelle peut être associée à l’idée d’émancipation. Les enfants, s’émancipant de la tutelle des adultes responsables d’eux, deviennent responsables du cours de leur vie. De même, on apprendra en grandissant à être responsable de ses actes, au sens d’une responsabilité envers les autres. Conduire une voiture, par exemple, amène, pour soi et les autres, son lot de responsabilités et de conséquences. Et, très schématiquement, la Loi (justice et droit) vient ensuite faire la jonction entre responsabilité et culpabilité (individuelle).[4] Dès lors, on peut tenir pour responsable, et condamner, une “irresponsabilité” (allumer un feu en pleine sécheresse, par exemple). Plus généralement, se soustraire au principe de responsabilité implique une forme de soustraction à l’Autre, impliquant qu’aucune dette ne nous lie mutuellement, que l’on peut agir sans conséquences (il est courant de traiter la question de la crise écologique sous cet angle).

D’autre part, il est vrai que nombre de discours politiques (et économiques) se fondent sur la “responsabilité individuelle” et charrient une idéologie malsaine (le marché comme seule rationalité sociale) masquant l’iniquité des ressources permettant d’accomplir cet idéal d’autonomie (être “entrepreneur de soi”). D’injonctions contradictoires exsudant le mépris au renforcement de structures de contrôles et d’évaluation, la responsabilité au sein du capitalisme n’a rien d’émancipatrice. Et si le libéralisme politique conditionne et contraint la puissance de l’État par la Loi et dégage des marges de libertés essentielles (débat et expression publique des opinions et des initiatives), l’étendue normative de l’État libéral, qui plus est en régime capitaliste, reste très vaste (de la législation des organisations privées, familiales, associatives, économiques, sans parler de l’enseignement, jusqu’à la régulation des mœurs).

RÉHABILITER LA RESPONSABILITÉ FACE À SA CAPTURE AUTORITAIRE

Tous n’y succombent pas, mais la fascination contemporaine qu’exercent les autocrates, dictateurs et autres personnages autoritaires (“illibéraux”) est réelle. Par leurs actions, et leur propagande, où prime le discours de l’efficacité, ils deviennent “ceux qui prennent leurs responsabilités”, qui “en ont”. C’est évidemment un contresens complet : un tyran ne doit rendre des comptes à personne, si ce n’est à la structure (sociale, idéologique, familiale, etc.) qui le maintient. Aussi, on sait depuis fort longtemps combien cette orientation idéologique est présente chez ceux qui palabrent sur la décadence et la féminisation de l’Occident, et excite une fibre primitiviste et patriarcale. En 2018, l’hebdomadaire français Valeurs Actuelles présente ainsi V. Poutine : “L’incompris. Rigueur, constance, persévérance. Ce dont les politiques français pourraient s’inspirer”. En somme, la tentation du chef autoritaire et le respect dû à sa fonction, plutôt que l’approfondissement du cadre démocratique instituant une solidarité sociale et un partage des pouvoirs. Il peut s’agir, selon l’expression du politiste Patrick Savidan, du phénomène de “démocratisation de la tentation oligarchique” mais il ne faudrait pas oublier l’attrait collectif que provoquent la cruauté et la brutalité chez certains individus,[5] et la cohésion qui en résulte. Bien sûr, cette admiration pour des chefs autoritaires n’est pas incompatible avec une orientation “progressiste” (au nom du “Peuple” contre les “Elites”). Par ailleurs, elle n’est pas immunisée contre la tentation d’édifier des figures quasi messianiques en son sein (que l’on pense à Corbyn, Sanders ou Mélenchon) incarnant le prolongement d’espoirs et d’anxiétés, plutôt que de se contenter de la morne réalité d’un processus électoral.

SENS COMMUN : UNE INDÉTERMINATION PROBLÉMATIQUE

Précisons encore que le terme de responsabilité n’est pas une “valeur” en soi : il n’est ni bon ni mauvais d’être “responsable”. Dans ce cadre, il est indéterminé, tout comme le terme de solidarité avec lequel il est, par définition, lié,[6] ainsi qu’un nombre conséquent de mots creux — paix, égalité, liberté, courage, insoumission, hospitalité, etc. Les utiliser sans précision est donc problématique, car en tant que signifiants flottants, chacun y adjoint la compréhension qu’il en a, au regard de ses penchants idéologiques. C’est par exemple le cas du terme de “résistance”, sur lequel l’historien Moishe Postone s’attarde et dont le développement suivant illustre notre propos : “L’idée de résistance en dit peu sur la nature de ce à quoi on résiste ou sur la politique de résistance que cette idée implique. C’est une catégorie non dialectique, une catégorie incapable de saisir ses propres conditions de possibilité ; c’est-à-dire qu’elle échoue à saisir le contexte historique dynamique auquel elle appartient. Corrélativement, elle brouille les distinctions entre des formes de violence politiquement différentes. […] Le concept de résistance est un concept politique tellement indéterminé qu’il est mobilisable par toute forme de contestation sociale et politique”.[7] Dès lors, de qui, de quoi suis-je responsable ? À qui, à quoi, j’octroie ma solidarité, mon empathie ? Et plus encore, pourquoi ? etc. On constate qu’en précisant son objet et son contexte, un terme creux acquiert une précision indispensable à son usage, et, éventuellement, sa critique ou son approbation.

RESPONSABILITÉ ET LIBRE EXAMEN

L’histoire nous enseigne qu’un des problèmes avec l’idéologie, outre qu’être bien souvent une trahison entre la pensée initiale et sa réalisation, est sa propension à scléroser et à engendrer un rapport identitaire entre les individus et les idées, à empêcher ceux-ci à se laisser traverser, voire transformer dans un sens parfois inattendu, par les actes qu’ils produisent ou observent, les textes qu’ils lisent, les rencontres qu’ils font. C’est pourquoi le but de la critique des fétichismes idéologiques et autres dogmes (y compris le dogme de l’anti-dogmatisme[8]) est d’éviter une déresponsabilisation face à un savoir acquis, devenu un pouvoir. C’est- à-dire l’abandon de son intelligence,[9] de sa capacité à (se) poser des questions, à rendre des comptes. C’est l’ambition contenue dans la démarche du libre examen : “La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n’est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d’être”.[10] Moins qu’un credo qui ne serait que la poursuite d’un dogme, considérons le libre examen comme le rappel d’un interdit de jouissance vis-à-vis de toutes propositions oraculaires et idolâtres. Déstabilisant par son insolence et sa radicalité, elle impose un travail constant, souvent inconfortable. La pratique du libre examen n’est donc pas la perte de repères politiques, ni un pari fondé sur la liberté de l’esprit et encore moins un relativisme qui confinerait au confusionnisme ou un blanc-seing à destination des marchands de doute – autant d’attitudes irresponsables. Sa pratique permet de confronter les choix (politiques), sans se dédouaner des conséquences, sans trouver refuge dans une structure idéologique, identitaire, amicale, ou affinitaire qui satisfait notre recherche de confirmation ou de causalité, sans empêcher – au contraire – de se laisser transformer par une rencontre avec autrui, une œuvre, un texte…

SE REMETTRE EN QUESTION SANS SE PERDRE

Pour illustrer ce fait, citons ce témoignage de Michael Löwy, auteur d’un livre interprétatif de l’œuvre du philosophe Walter Benjamin, “Sur le concept d’histoire” (1940) : “[…] la lecture des “Thèses” a ébranlé mes certitudes, bouleversé mes hypothèses, renversé (certains de) mes dogmes : bref, elle m’a obligé à réfléchir autrement sur une série de questions fondamentales : le progrès, la religion, l’histoire, l’utopie, la politique. Rien n’est sorti indemne de cette rencontre capitale”.[11] Ce n’est pas le récit d’un illuminé qui aurait abdiqué de son esprit critique ni un appel à penser toute la réalité à travers l’œuvre de Benjamin. Si, comme le note l’éditeur du livre, [Les Thèses] “incarnent un moment de la pensée du XXe siècle où l’intelligence a supplanté le dogme”,[12] c’est parce qu’elles permettent de “réfléchir autrement”. Certes, il faudrait creuser et jauger cet “autrement”. Mais cela offre la description d’une approche qui consiste à se laisser traverser et travailler par le texte, et d’en tirer des enseignements. En d’autres termes, c’est éviter la consécration absolutiste du ressenti subjectif comme fondement à la fois moral et politique (parfois quasi religieux), pour viser la rigueur intellectuelle, et la confrontation parfois vertigineuse avec ses a priori, et ceux des autres. C’est devenir capable de se décentrer, de prendre de la distance avec ses émotions et sa subjectivité, et d’accepter que l’essence de la réalité est indépendante des représentations que l’on s’en fait.[13]

La marche est haute. Et si la prise de conscience est nécessaire, elle n’est pas suffisante : il faut collectivement mettre en place un environnement favorable au travail de l’intelligence. Dans son texte Religion et morale dans une société libre (1942-1949), le psychologue et philosophe pragmatiste John Dewey lance cet avertissement : “Les défenseurs des institutions libres, tous autant qu’ils sont, ont été trop prompts à présupposer que la liberté d’esprit compétente est une capacité innée, une propriété originaire que chaque être humain normal a en sa possession. En conséquence, nous n’avons pas suffisamment prêté attention aux conditions requises pour que l’intelligence potentielle des individus devienne une réalité effective. […] Un droit à la libre expression ne va pas bien loin s’il n’est guère plus qu’un droit à déverser en public tout ce qui passe par la tête du détenteur d’un prétendu ‘esprit purement privé’. […] la liberté de l’esprit est quelque chose qui doit être développé, et les conditions qui la nourrissent exigent une attention et un soin constants”.[14]

DE LA RÉGULATION DES PASSIONS POLITIQUES

Que peut donner cette alliance du libre examen, de la responsabilité comme vertu et du travail de l’intelligence sur nos pratiques réflexives ? Chacun pourra y réfléchir. Permettons-nous de donner quelques pistes de réflexion. Si l’un des objectifs est d’éviter, autant que possible, de reproduire des structures dogmatiques et identitaires, il importe d’avoir une réflexivité à l’égard de nos pratiques (militantes, par exemple). Le libre examen, en mettant à distance toute communion et icônes afférentes, permet d’accompagner ce travail réflexif et de nous “responsabiliser”. Nous faisons l’hypothèse que c’est une vertu cardinale pour la poursuite d’un processus d’individuation toujours en cours (au sens où les dogmes et structures identitaires se reproduisent eux aussi, et jugulent les potentialités). Autrement dit, il s’agit de travailler dans une perspective critique notre rapport affectif à la connaissance, affect qui se loge dans un subjectivisme individuel ou collectif (la subjectivité peut être celle du Parti). En pratique, cela permet entre autres de ne pas succomber à la sacralisation de figures littéraires ou militantes, intellectuelles, universitaires, académiques ou de lanceurs d’alerte ; d’être méfiant à l’égard des “Grands Hommes”, des néo-sorcières et autres prophètes laïcs tonnant ou susurrant au nom d’une cause “qui nous parle”, d’une stratégie, d’un parti, d’une radicalité, d’une panique morale, d’un “sentiment d’injustice”. Par une attitude responsable, on se déprend d’une telle tutelle (que l’on met soi-même bien souvent en place) et on affronte les angles morts qui consistent en la rationalisation, la relativisation et l’euphémisation de tendances problématiques, et les justifications “stratégiques” (ne pas déforcer les alliés, les idéaux, etc.).[15] On ouvre enfin un chemin permettant de penser et de s’affairer aux modes d’actions et de transformations nécessaires pour améliorer nos environnements sociaux, écologiques, institutionnels. Mais il est aussi des cas où l’on participe à cette tutelle : que cela soit en déniant l’individualité et la recherche de liberté d’autrui, ou en participant au culte du petit, du “sans-part”, du déclassé, du discriminé ou du désaxé.[16] Lorsque ceux-ci se voient cultivés, notamment par les instruments de la solidarité, comme on cultive des patates, pour qu’une fois la récolte faite, on s’y attarde avec commisération, indignation ou, sans rien leur demander, en les étiquetant comme nouveaux sujets révolutionnaires, ils deviennent l’instrument d’une revanche, d’un ressentiment, l’objet d’une recherche narcissique de validation, voire d’une lâcheté devant son propre désir de domination.


[1] Monique Canto-Sperber, Ruwen Ogien, La philosophie morale, PUF, 2006.

[2] Le choix de faire l’impasse sur la (trop) célèbre distinction opérée par Max Weber (“Ethique de la conviction”, “éthique de la responsabilité”) est assumé. Le travail contextuel et conceptuel a été considéré comme trop lourd dans le cadre de cet article.

[3] Deborah Puccio-Den. “De la responsabilité”, L’Homme, vol. 223-224, no. 3-4, 2017, pp. 5-32.

[4] En quelques occasions, des responsabilités collectives sont prononcées : c’est par exemple le cas pour les crimes nazis ; ce qui a poussé le président Jacques Chirac à prononcer la responsabilité de “La France” en ce qui concerne rafle du Vel d’hiv du 16 et 17 juillet 1942.

[5] “ […] adolescent male cruelty toward women is a bonding mechanism, a vehicle for intimacy through contempt. The white men in the lynching photos are smiling not merely because of what they have done, but because they have done it together.” Adam Serwer, Cruelty is the point, The Atlantic, 3 octobre 2018. https://tinyurl.com/3mdwu99z

[6] Par exemple, responsabilité sociale et solidarité sont au cœur de toute politique sanitaire. Santé publique, autodéfense sanitaire et histoire de la santé communautaire contre les États défaillants et contre le dévoiement libertarien qui acculture une partie de la gauche intellectuelle. Voir : https://cabrioles.substack.com

[7] Moishe Postone, Critique du fétiche-capital – Le capitalisme, l’antisémitisme et la gauche, PUF, 2013, p.52.

[8] Notons, avec H.G. Gadamer, que “L’hypothèse de ténèbres mystérieuses, lieu d’une conscience collective mystique antérieure à toute pensée, est tout aussi dogmatique et abstraite que celle d’un état de perfection correspondant à un Aufklärung accompli ou que celle du savoir absolu”, dans Vérité et Méthode, Seuil, 1976, p.295.

[9] Comprise comme la capacité du sujet à considérer sa place dans le monde par le discernement des relations entre les individus, les idées et l’environnement matériel.

[10] Henri Poincarré, Discours (extrait) Fêtes du 75e anniversaire de l’ULB, 21 novembre 1909. Voir également : https://actus.ulb.be/fr/presse/kit-media/le-principe-du-libre-examen

[11] Michaël Lowy, Avertissement d’incendie. Une lecture des thèses “Sur le concept d’histoire”, Edition de l’Eclat, 2018.

[12] Edition de l’Eclat : https://tinyurl.com/234c3m5x

[13] “Bien avant que nous accédions à la compréhension de nous-même par la réflexion sur le passé, nous nous comprenons de manière spontanée dans la famille, la société, l’État où nous vivons. Le foyer de la subjectivité est un miroir déformant. La prise de conscience de l’individu par lui-même n’est qu’une lumière tremblante dans le cercle fermé du courant de la vie historique. C’est pourquoi les préjugés de l’individu, bien plus que ses jugements, constituent la réalité historique de son être”. H.G. Gadamer, ibid, p.298.

[14] John Dewey, Écrits sur les religions et le naturalisme. Ed. Joan Stavo-Debauge. Genève : Éditions ies, 2019. http://books.openedition.org/ies/4352

[15] En exemple, renvoyons à cette défense du philosophe et sociologue G. de Lagasnerie à l’égard de la sénatrice E. Benbassa, accusée de harcèlement moral. : https://tinyurl.com/4srekmfe

[16] En 1985, Pierre Bourdieu tenait ce propos encore très actuel : “[…] Éviter de tomber dans cette sorte de complaisance à base de culpabilité qui, autant que l’essentialisme raciste, enferme et enfonce les colonisés ou les dominés en portant à tout trouver parfait, à tout accepter de ce qu’ils sont et de ce qu’ils font au nom d’un relativisme absolu, qui est encore une forme de mépris […]”. Quand les Canaques prennent la parole, Actes de la recherche en science sociale, n°56, 1985, p.83. https://tinyurl.com/yc2k58m7

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