INTERVIEW : LES CADAVRES DU FRANQUISME DERRIÈRE LA “COHESION SOCIALE”

par | BLE, DEC 2020, Politique

Entretien avec Jesús Aguirre, bruxellois espagnol, membre de Foro Memoria Bélgica (s’exprimant en son nom).

Le dictateur fasciste espagnol Francisco Franco meurt en 1975, dans une période de grande agitation sociale et de puissants mouvements de grève. Entre 1975 et 1978 s’engage la première période dite de « transition démocratique » qui entérine la monarchie espagnole, l’unité du pays et l’impunité pour l’ensemble des franquistes ayant réprimé, torturé, tué pendant la dictature. Comment les Espagnols vivent-ils aujourd’hui avec la persistance – taboue – du franquisme dans leur pays ?

Eva Deront : Quelles sont les traces et ramifications du franquisme encore présentes au sein de la société espagnole ?

Jesús Aguirre : Il y a encore beaucoup de traces du franquisme dans la justice et dans la magistrature, dans l’armée, dans la police – la Guardia Civil – et dans tout ce qui touche à la sécurité interne, où travaillent de nombreux fils d’anciens franquistes. Cette présence se voit aussi dans les médias : les médias ne vont jamais présenter le franquisme comme une dictature, ils resteront toujours très lisses. La famille Franco, et en particulier la petite fille de Franco, passe encore fréquemment à la télévision et touche des cachets importants. Est-ce que quelqu’un peut s’imaginer que des gens de la famille de Hitler apparaissent tous les jours à la télévision allemande ? Récemment, les médias ont fait une émission publique autour de l’exhumation du corps de Franco, avec tous les honneurs pour un dictateur et en la présence des ministres. Cela montre ce qu’est l’Espagne aujourd’hui.

D’un point de vue économique, les Franco ont amassé une fortune d’environ 400 millions d’euros. Ils ont encore des sociétés qui leur appartiennent et un siège où habitait la femme de Franco, dans le quartier le plus huppé de Madrid.

En ce qui concerne la justice, il y a encore de nombreuses lois de l’époque de Franco qui ont cours dans la justice espagnole : 265 normes pré-constitutionnelles et 169 lois. Une d’entre elles est la loi du secret politique (ley de los secretos oficiales), qui empêche les historiens d’avoir accès à de nombreuses archives. Elle vient du franquisme et n’a toujours pas été substantiellement modifiée.

De son côté, la magistrature a toujours eu des connivences avec le franquisme et a aussi organisé l’impunité de nombreux franquistes. En 1980, Yolanda González, étudiante, s’est fait tuer par un membre du Batallón Vasco Español, un groupuscule d’extrême droite. Le meurtrier a pris 40 ans de prison, il s’est échappé et s’est exilé au Paraguay. La police lui a procuré des faux papiers ; les gens qui l’ont aidé n’ont pas été condamnés, il n’a pas purgé toutes ses années de prison et on lui a permis de travailler comme consultant spécial de la Guardia Civil et de la police, et donc de former des policiers au niveau de l’espionnage.

Dans le même registre, en Espagne, on a même rendu hommage à des membres de la division Azul, les 56 000 soldats que Franco a envoyés pour aider Hitler !

ED : Pourquoi cet héritage fasciste est-il si présent en Espagne et moins en Italie ou en Allemagne ?

JA : C’est lié à la transition : à l’inverse de l’Allemagne ou de l’Italie, il n’y a pas eu de rupture. Après la mort de Franco, le 20 novembre 1975, a eu lieu ce que l’on appelle la “transition démocratique”, dont il faut bien rappeler qu’elle a fait 590 morts. On nous vend ce moment comme un accord entre “frères espagnols”, mais d’anciens ministres de Franco se sont retrouvés au pouvoir par la suite. Par exemple, Rodolfo Martín Villa, qui s’occupait du bon fonctionnement du syndicat fasciste Vertical sous le franquisme, a été chargé de la répression meurtrière des manifestations et des grèves, en particulier à Vitoria. Martín Villa était accompagné d’un ancien ministre de l’information de Franco, Manuel Fraga, qui aimait dire : “La calle es mia”, “la rue est à moi”. Pendant longtemps, les gens qui sortaient dans la rue ont continué d’être violentés voire tués.

Ceux qui étaient à la sécurité du temps de Franco sont restés au même endroit, au même poste après la “transition”. Ce fut le cas du tortionnaire Billy el Niño, qui a reçu des médailles, des hommages, ainsi qu’une pension, et qui, après avoir torturé sous Franco, est resté inspecteur du corps supérieur de la police lors de la “transition”. L’écrivain Jorge Semprún avait déclaré lors de la présentation à Bruxelles du livre “Une Tombe aux creux des nuages” que ceux qui étaient ses bourreaux sous Franco sont devenus ceux qui s’occupaient de sa sécurité lorsqu’il a été nommé ministre de la culture du gouvernement de Felipe Gonzalez.

La “transition démocratique”, je l’ai toujours appelée la trahison démocratique. On n’a pas rompu avec l’ancien régime, bien au contraire, on l’a prolongé en le modernisant un tout petit peu. C’est comme un mur que l’on rafraîchit : la vieille peinture est recouverte mais le mur reste le même. Le plus bel exemple est la loi d’amnistie : aujourd’hui, on ne peut pas condamner les crimes du franquisme. Il y a des familles qui savent que leur bourreau est encore en vie et elles ne peuvent rien faire.

Finalement, ce qui définit bien l’Espagne actuelle – même s’il y a eu des améliorations démocratiques – est ce qu’a déclaré Franco en 1969, lors de son discours de Noël : “He dejado todo atado y bien atado”, “J’ai tout laissé ficelé, et bien ficelé”. Il expliquait par là qu’il allait mettre en place la monarchie et que le Roi allait être Juan Carlos I. Toute la transition était déjà arrangée, ficelée et organisée par la dictature.

ED : En quoi la royauté d’aujourd’hui maintient-elle cet héritage franquiste ? Quel est le lien entre les deux ?

JA : Le lien est très fort. D’abord, c’est Franco qui a éduqué Juan Carlos I, qui l’a placé comme Roi. Ensuite, la première chose que Juan Carlos ait faite à la mort de Franco a été de jurer fidélité au Mouvement National (el Movimiento Nacional), le mouvement franquiste. D’ailleurs, aujourd’hui les Franco ont encore un titre nobiliaire de duc et duchesse.

Au moment de la “transition”, Adolfo Suarez disait vouloir aller vers une transition démocratique, vers des élections. Il a donc proposé au Parti Communiste en exil : “Vous pouvez revenir pour les élections, mais vous devez accepter le drapeau actuel – ce qui est dur à avaler pour des républicains – et vous devez accepter la monarchie.” Quand on a compris cela, on a compris toute la transition démocratique. Il faut savoir qu’à l’époque, la plupart des démocraties européennes demandaient à l’Espagne de faire un référendum posant la question : monarchie ou république ? Suarez l’a ouvertement reconnu à la télévision : si on avait fait un référendum, c’est la république qui l’aurait emporté. Et donc ce qu’il a fait pour que la monarchie reste, c’est de l’inscrire dans la Constitution espagnole.

Même si on essaie de nous donner une image moderne de la monarchie, il suffit de voir le discours de Felipe VI lors du référendum d’octobre 2017 en Catalogne : on avait l’impression d’entendre parler Franco dans une télévision publique, vantant l’image de l’unité de l’Espagne. Et encore aujourd’hui, la royauté ne peut faire l’objet d’aucune critique en Espagne : le rappeur Valtònyc avait composé une chanson – en majorquin – qui critiquait le Roi. Il a été  condamné à de la prison pour “insulte à   la couronne” [et a pu se réfugier en Belgique, NDLR]…

ED : Le bipartisme est-il aussi un héritage de la période de transition en Espagne ?

JA : Complètement. D’ailleurs le Parti Populaire [droite, NDLR] n’a jamais condamné le franquisme : il vient de Alianza Popular, qui était le parti de Manuel Fraga. Chaque fois dans les médias, le Parti Populaire critique la gauche indépendantiste basque parce qu’elle ne condamne pas l’ETA, mais le Parti Populaire n’a, lui, jamais condamné le franquisme.

ED : Une des conditions de la “transition démocratique” était l’acceptation du drapeau espagnol. Pourquoi cette unité espagnole était-elle si importante pour le franquisme ?

JA : Les puissants catalans et basques ont toujours signé des accords avec les puissants de Madrid. Au-delà de ça, la “grande Espagne” — c’est-à-dire l’Espagne conquérante de la Reconquista et de l’ultra-conservatisme religieux — est le discours que le fascisme a toujours porté en gagnant la guerre. Pendant 40 ans, on a fait rentrer dans le crâne de millions de personnes que Franco était le grand sauveur contre le communisme et le stalinisme et qu’il nous avait sauvés des rouges. C’est pour ça que ce sujet est tabou encore aujourd’hui.

La “grande Espagne” ramène aussi des voix à la droite et à l’extrême-droite (Parti Populaire, Vox et Ciudadanos) : tous tiennent le discours selon lequel ce sont les Catalans et les Basques qui veulent casser l’unité. Comme ces partis ont peu de programme politique, ils ont toujours basé une grande partie de leur électorat sur l’unité nationale. C’est pour cela que le Parti Populaire a fait annuler le référendum de 2006 sur le statut catalan, pourtant voté par la population.

En Espagne, on est un pays de pays : on a quatre langues différentes, le Catalan, l’Euskera, le Galego, le Castellano (la langue vernaculaire). Tant qu’on ne comprendra pas cela, on n’avancera pas. Cette insistance sur l’unité, c’est aussi une façon de déguiser les questions sociales : “Eux sont les méchants et nous les bons”, comme du temps de Franco… Mais ceux qui plaident pour l’unité espagnole ne se sont jamais préoccupés de la classe ouvrière qui représente une grande partie du pays.

Enfin, la “grande Espagne”, c’est l’unité d’un pays, mais surtout d’un pays très conservateur, avec une grande influence de l’Eglise. Aujourd’hui, cette dernière touche encore 11 milliards d’euros par an d’argent public.

ED : Qu’en est-il de l’application de la  loi sur la mémoire historique, votée en 2007 ?

JA : José Luis Zapatero [du parti PSOE, socialiste, NDLR] a fait voter cette loi. Tout n’est pas à jeter, elle a permis de créer un centre d’archives à Salamanca, ou encore de donner la nationalité espagnole à des fils d’anciens brigadistes internationaux. Le problème de cette loi est qu’il suffit d’un changement de gouvernement pour qu’elle ne soit plus appliquée,  comme du temps où Mariano Rajoy était Premier ministre et déclarait ouvertement qu’il ne destinerait “cero euros” [zéro euro, NDLR] à la Mémoire Historique. Malgré cette loi, il n’y a toujours aucun pouvoir juridique : on ne peut juger personne. Par exemple, dans une ville avec un gouvernement du Parti Populaire, si on est censé enlever tout ce qui est en rapport avec le franquisme, mais que le PP décide de ne pas le faire, ça ne se fait pas. S’il y a une demande d’exhumation de fosse et que le PP décide le contraire, les familles attendront et la fosse ne sera jamais exhumée. A Santander, d’où je viens, l’avenue principale est encore baptisée Avenue General Dávila, un général franquiste qui a tué beaucoup d’habitants de Santander. On n’a toujours pas enlevé son nom…

En Argentine ou au Chili, les pouvoirs publics ont alloué de l’argent pour exhumer des fosses communes, pour redonner de la dignité aux familles de victimes. Ce n’est pas le cas en Espagne. L’Association pour la Récupération de la Mémoire Historique (Asociación para la Recuperación de la Memoria Histórica) ne reçoit aucun euro public, alors que la fondation Francisco Franco a reçu des fonds du gouvernement de José María Aznar. Il faut savoir que l’Espagne est le deuxième pays dans le monde avec le plus de fosses communes, après le Cambodge. 130 000 personnes sont encore dans des fosses. J’ai lu que le gouvernement allait débloquer sept millions d’euros pour en ouvrir certaines, mais il faudrait beaucoup plus de moyens pour qu’il n’en reste plus une seule.

ED : Isaac Rosa, un écrivain espagnol, disait qu’il fallait faire la distinction entre un travail de mémoire superficiel et un travail profond. Peut-on juste déplacer le corps de Franco ou même retrouver les fosses communes sans s’attaquer aux institutions héritées de la transition ?

JA : Bien entendu, c’est là que tout se joue au niveau politique, tout ce qui arrive en Espagne est le fruit d’une mauvaise transition. On a une démocratie très pauvre. Le plus bel exemple en est que très peu de gens connaissent l’histoire de leur pays : ils ne connaissent rien sur la guerre, ils ne savent pas qu’il y a eu un coup d’Etat, qu’il y a eu une aide de Mussolini et d’Hitler. Les franquistes ont tellement lavé le cerveau des gens pendant 40 ans – même dans les livres scolaires – que beaucoup croient tout ce qui a été dit…

Au nom du consensus, d’un pacte entre “frères espagnols”, histoire de pourvoir dire “il n’y a plus de rancœur”, on a fait passer un consensus entre les puissants, entre la bourgeoisie espagnole et ceux qui étaient au pouvoir pendant Franco et qui ont continué à l’être après. La plupart des sociétés actuellement dans l’ibex35 [indice boursier de Madrid, NDLR] existaient déjà du temps de Franco et ont été favorisées par le franquisme. C’est le cas de la société qui a construit le monument Valle de los caídos, Huarte, une grosse société

de construction : elle existait sous le franquisme et elle existe encore aujourd’hui. Le CEO de l’époque a même reçu une médaille de la ville pour tout son travail.

ED : Avec tous les descendants de républicains, pourquoi n’y a-t-il pas un mouvement social plus important autour de ces questions ? D’autres partis les mettent-ils à l’agenda politique ?

JA : Avec Unidas Podemos, des choses se débloquent, mais c’est trop lent. J’ai toujours l’impression qu’on s’excuse d’être républicain espagnol, qu’on s’excuse d’être dans des fosses, d’avoir été fusillés et emprisonnés pour nos idées.

Il y a une grande  amnésie en Espagne.    À un moment, je faisais la promotion du film “Caminos de la memoria”, de  José  Luis Peñafuerte, auprès de collègues espagnols. L’une me dit : “Pourquoi encore remuer la merde ?” On était en train de parler d’êtres humains et elle me dit ça… Ceux qui sont les plus intéressés sont les familles de victimes, fusillées ou torturées, ou des gens démocrates, progressistes, qui se demandent pourquoi, en Espagne, encore aujourd’hui, on a des milliers de fosses, pourquoi on ne peut pas juger les gens qui ont torturé.

Au niveau de la jeunesse, les jeunes les plus politisés (et pas que les jeunes) se trouvent au Pays Basque et en Catalogne. Ils ont plus de culture politique que dans le reste de l’Espagne. Ce sont aussi les régions qui ont mis le plus de choses en place pour retrouver une mémoire historique et rendre hommage aux gens tombés.

Le syndicat UGT et le parti socialiste PSOE ont un peu, au début de la transition, travaillé sur les questions de mémoire historique ; des milliers de socialistes et des milliers de gens de l’UGT sont enterrés dans des fosses. Mais quand ce travail de mémoire est fait par de petites associations aidées par de l’argent privé, par leurs membres, ou récemment par une association d’électriciens norvégiens, ça montre qu’il n’y a aucune volonté nationale pour ça. Et pourtant, on parle de syndicats historiques : l’UGT était interdit du temps de Franco, ils savent ce qu’est la torture, ils savent ce qu’est souffrir.

ED : Les associations pour la mémoire historique ont-elles une couleur politique ?

JA : Il ne faut pas se leurrer : la plupart des gens dans les fosses étaient des syndicalistes ou des socialistes, donc oui, les associations sont plutôt à gauche, c’est logique. Si maintenant on avait une vraie démocratie, on devrait créer quelque chose qui représenterait tout le pays et ça n’aurait aucune couleur politique.

ED : Comment serait-il possible de faire un travail de mémoire historique sans couleur politique, dans le cadre des institutions de la transition qui sont imprégnées par le franquisme ?

JA : Ce serait impossible. En Espagne, tant qu’on n’a pas fait de rupture, ce n’est pas possible. Il faut regarder sur Youtube les échanges au sein de la chambre des députés : on a l’impression d’être encore en guerre civile. La droite profère des insultes telles qu’on a l’impression que les gens qui sont dans des fosses ne sont pas des

Espagnols, que ce sont des citoyens de seconde zone, comme quand l’actuel Président du Parti Populaire, Pablo Casado, disait littéralement lors d’un discours politique en 2015 : “Ces gens de gauche sont des rétrogrades, toujours occupés avec le tombeau du grand-père”, faisant une claire allusion aux fosses du franquisme. C’est très grave. Tout le monde a le droit de récupérer sa dignité et surtout les familles. L’ONU vient d’ailleurs frapper à la porte de l’Espagne depuis longtemps en disant que l’exhumation est un droit démocratique.

ED : Quelles seraient les conditions qui permettraient d’entamer ce travail de mémoire profonde ?

JA : Il faut qu’aujourd’hui on ait une droite espagnole démocratique. Tant qu’elle ne sera pas démocrate, on n’avancera jamais. J’attends qu’elle dise non au fascisme et qu’elle condamne le franquisme… Elle ne l’a toujours pas fait. La droite allemande est antifasciste, c’est normal. En Espagne, non.

ED : Pourtant, d’après ce que vous venez de dire, on pourrait trouver  paradoxal de demander que la droite espagnole devienne démocratique alors qu’elle est une héritière du franquisme… Sous quelle pression pourrait-elle le devenir ?

JA : Il ne faut pas qu’on ait peur de cette droite. Pour l’instant, on fait des petits jeux politiques pour ne pas froisser la droite par rapport à l’histoire et surtout par rapport à la guerre, et c’est ça le gros du problème. Attention, je critique la droite mais je critique aussi fortement la gauche. Je parlais au Parlement européen avec un député d’Izquierda Unida, Willy Meyer. Je lui demande : “Mais vous aussi, vous avez eu des postes importants, dans des gouvernements, au niveau régional, pourquoi vous n’avez rien fait pendant des années sur la mémoire historique ?” Il me répond : “C’est parce que nous avons baissé nos pantalons à l’époque”, il l’a dit comme ça. À l’époque, la gauche a tout accepté. Quand le Parti Communiste est revenu d’exil avec Santiago Carrillo à sa tête, dans tous les sièges du Parti Communiste d’Espagne, le drapeau républicain n’était pas autorisé, il fallait mettre le drapeau actuel. Il est très difficile de revenir en arrière après avoir accepté le drapeau, la monarchie, et surtout la loi d’amnistie : “On oublie tout ce qu’ont fait les franquistes et on continue”. On ne peut pas construire une démocratie si on n’arrive pas à casser, à faire une rupture avec ce qu’il y a eu avant. La transition a continué de favoriser les puissants de l’époque, qui sont devenus encore plus puissants aujourd’hui.

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