INTERVIEW: POUR UNE MIGRATION CIRCULAIRE, SÛRE ET CHOISIE

par | BLE, DEC 21, Migration, Politique

Entretien avec Sylvie Sarolea

Dans son « Plaidoyer laïque en faveur de la libre circulation », Bruxelles Laïque -et plus largement le mouvement laïque – dressait un portrait sans concession des politiques de migrations et d’asile « prétendant mettre en œuvre une maitrise ferme et imparable de la mobilité des humains ». L’échec de ces politiques tient en quelques mots : coûteuses, néfastes, contreproductives, hypocrites, inefficace. En plus d’être meurtrières, « toutes ces politiques posent au final beaucoup plus de problèmes qu’elles n’en résolvent ». Un consensus, implacable, fut donc trouvé et plaidé : « La seule politique de mobilité respectueuse de nos valeurs et conforme au mouvement du monde est la liberté de circulation pour tous. » Ce qui est avant tout un objectif à atteindre progressivement mérite que l’on s’y attarde, si l’on ne veut pas rester dans l’indignation et la déploration. Cet entretien avec Sylvie Saroléa, juriste et professeure de droits humains, droit des migrations et droit international (UCL), tente de fournir quelques pistes pratiques pour enrichir notre plaidoyer et passer d’un « contre » (les traitements inhumains) à un « pour » (le respect des Droits humains, la libre circulation de tous).  

“Enjeu électoral”, “héroïsation” ou au contraire “problématisation à l’excès”, “méconnaissance”,  … Pour le pire ou le meilleur, les migrations sont régulièrement au cœur de nos préoccupations dans le débat public. Mais comment parler avec justesse de ces questions ? Avec quelles ressources ?

C’est une thématique pour laquelle il y a beaucoup de difficultés à discuter sur la base de faits, des données, du réel et non sur la base de ressentis ou d’options idéologiques. La communauté scientifique, mais pas seulement elle — la science n’a pas toujours raison, ou en tout cas est en constant débat —, les travailleurs de terrain également, que ce soient des sauveteurs en mer ou autres, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, rapportent tous un ensemble d’informations qui permettent de nous représenter ce qui se passe sur le terrain. D’une part, nous avons des informations qui se situent à un niveau macro et qui proviennent de grandes institutions scientifiques (INED, Bureau du Pla, etc.) ou d’organisations internationales, telles que la Banque mondiale ou l’OCDE, ou encore les rapports de l’Union européenne (qui commanditent de nombreuses études). D’autre part, une série d’expériences micro qui, mises ensemble, donnent des informations sur le réel, à partir du terrain. La manière dont il est répondu à des données, par les décisions qui sont prises et les options qui sont retenues depuis des années, montre que cela ne fonctionne pas. Il y a un décalage énorme entre le réel, ce qui est préconisé, et ce qui est mis en place par les autorités nationales et régionales.

Comment l’expliquez-vous ?

Par la logique de la réponse en urgence, d’un timing guidé par des échéances électorales ou encore par la crainte de mal faire. Ces facteurs conduisent à centrer les politiques migratoires sur les barrières. Par leurs multiplications et leur diversification, aussi bien physiques que financières. Ainsi, l’Europe va payer la Biélorussie, la Turquie ou encore la Libye, pour contrôler les frontières. On va ajouter chaque année une rangée de barbelés, des caméras infrarouges, pousser les pays du Sud à sanctionner les départs… Les États-Unis font de même s’agissant de sa frontière sud, l’Australie en mer… Dans cette fuite en avant, nous sommes prêts à toutes les compromissions idéologiques, au sens où nous passons des accords sur l’immigration avec des pays avec lesquels nous ne passerions pas d’accords, de conventions, concernant d’autres secteurs de la politique. Cette compromission se fait dans une situation de panique, sans jamais prendre de recul et sans jamais non plus imaginer d’autres paradigmes, plus préventifs, collaboratifs ou coopératifs. La politique migratoire est formée à 80 % par des mesures d’entraves à l’arrivée et de renforcement des retours. Or, d’une part, cela ne fonctionne pas. D’autre part, cela nous contraint à multiplier les barrières, qui sont de plus en plus violentes, qui font de plus en plus de morts, qui créent un climat anxiogène et qui conduisent nos États à renoncer à des idéaux qu’ils ont mis des années à s’ancrer dans nos modes de fonctionnement.

Avec quels effets ?

Qui dit anxiété, dit radicalisation des pensées. Et la radicalisation des pensées débouche sur une impossibilité d’un dialogue entre ceux qui ont peur des migrants et ceux qui disent « mais regardez, nous, on les a rencontrés, ce sont des êtres humains comme vous et moi ». Cette dualisation est aussi dramatique au sein des populations non migrantes, même si sur le long terme, nous le sommes tous. On est dans une énorme difficulté à penser les migrations en se basant sur des faits et non pas en se basant sur du ressenti. Ceci étant dit, ça ne veut pas dire que c’est facile. On le voit avec le réchauffement climatique, ou la pandémie : il est extrêmement difficile de faire face à des événements ou des épreuves qui nous dépassent et qui par ailleurs ne sont pas prévus ou sont difficiles à inscrire dans un agenda électoral.

Y a-t-il cependant des raisons d’espérer ou des propositions qui prennent en compte la violence des frontières ?

Il y a toute une série de pistes qui sont évoquées depuis des années pour essayer de limiter cette fuite en avant, notamment en fluidifiant le passage aux frontières, en facilitant la mobilité. On a plein d’indications dans les études — qualitatives et quantitatives — qui montrent qu’il y a une énorme demande de mobilité davantage que de réinstallation dans un pays tiers. La plupart des migrants des pays du Sud, principalement, aspirent à circuler, beaucoup plus qu’à s’installer. Personne ne veut tout quitter. Et le système actuel les bloque, dans leur pays d’origine, dans les pays de transit et même dans le pays d’immigration. Cela signifie qu’une fois qu’ils ont passé une frontière, ils se disent : « j’y suis, j’y reste ». Leur dire qu’ils devraient repartir si la conséquence est qu’ils ne pourront jamais revenir, ça ne fonctionne pas, car cela les enferme, casse les perspectives. Cela nourrit le fantasme, au « Nord », si vous me permettez d’être un peu caricaturale, qu’ils veulent tous venir, pour s’installer, prendre notre travail, notre argent, notre richesse ; et du point de vue du « Sud », on nourrit le fantasme que c’est le paradis, puisque c’est si bien gardé. Alors je ne dis pas que nous ne vivons pas dans un paradis par rapport à ce que beaucoup vivent, c’est une réalité. Mais justement, plus de fluidité permettrait un rééquilibrage des richesses, toutes les études le montrent. La circulation booste le progrès, les idées, les échanges, le commerce aussi. Et on s’acharne à vouloir empêcher des gens de circuler. Pour illustrer cela, je discutais encore récemment avec une démographe qui a beaucoup étudié les flux entre l’Afrique et l’Europe, et elle me disait que les Sénégalais, par exemple, sont très demandeurs de circuler, et non de s’installer.

Même sans aborder le droit d’installation, revenir sur les frontières (contrôle-visa-douane) semble, sinon déplaisant, utopique pour beaucoup de monde !

Et pourtant, on l’a fait ! Au sein de l’Union européenne, on a supprimé les frontières internes. Et on n’a pas été « envahi ». Si les gens circulent, c’est parce qu’ils ne sont pas idiots : ils circulent en fonction des besoins, les leurs et ceux auxquels ils répondent. Je n’idéalise pas ces politiques qui restent à améliorer (exemple du dumping social), mais prenons ce qu’elles ont réalisé avec succès. Hors Europe, on a libéralisé les visas de courts séjours avec des pays comme le Brésil ou l’Albanie et ce que l’on voit, c’est une communauté brésilienne qui va, qui vient, qui circule, qui fait circuler des richesses, des idées, il y a du brassage. On devrait tenter beaucoup plus d’expériences pilotes avec des pays avec lesquels on a des possibilités de screening, d’observation, et voir comment les choses se passent. Il y a donc moyen de faire les choses autrement, et les États le savent. Ils ont discuté des années autour du Pacte de Marrakech[1], qui n’est pas une Convention internationale, mais juste une résolution multilatérale de faire les choses autrement, plus humaine et réaliste. Et avant que l’on crie au loup les dernières semaines avant sa sortie, personne ne contestait que c’était une bonne manière de procéder. Aujourd’hui, c’est aux oubliettes. Quoique certains pays du Sud s’en saisissent et travaillent sur cette base-là.
Il y a d’autres régions dans le monde où on circule beaucoup, que cela soit en Afrique de l’Est ou en Afrique de l’Ouest. Je donne régulièrement cours au Congo, et lorsqu’on est à la frontière avec le Rwanda, on voit les personnes circuler, passer, et pourtant ce sont deux pays qui ne s’entendent pas parfaitement. Les gens circulent, du coup créent des solidarités, des projets communs. C’est également un facteur de paix, comme ce le fut en Europe.

Il y a également le cas de la circulation académique, souvent prise en exemple…

L’exemple des étudiants étrangers est très particulier parce qu’ils font partie d’une forme d’« élite » ; mais quand on sait ce qu’ils gagnent bien souvent comme professeur dans leur pays d’origine et qu’ils repartent avec un doctorat, on comprendrait qu’ils restent plutôt ici. Et pourtant, tous ne le font pas. Je peux prendre l’exemple de mon collègue et ami Trésor Maheshe, reparti il y a quelques jours au Kivu après quelques semaines, que nous reverrons plus tard pour une mission au Maroc, puis il repartira, puis il reviendra au mois de mai, etc. Si par contre, à la fin de son doctorat, on lui avait dit : « Trésor Maheshe, si vous partez, vous ne pourrez plus revenir en Europe », il serait peut-être resté au lieu d’avoir cette opportunité de circuler. Circulant entre la Belgique et la RDC, il participe à des projets conjoints, implique des collègues, devient un partenaire plutôt qu’un Africain voulant à tout prix venir en Europe. Une telle vision est réductrice, nie l’agentivité des êtres humains, leur formidable habileté à se saisir des opportunités. Les barrières obsessionnelles aux frontières cassent cette habileté et nuisent à un rééquilibrage global des richesses, indispensable si on veut réduire les migrations forcées.

Certains discours mettent en avant, outre un accueil décent, l’importance d’agir sur les causes des migrations, sur ce qui  pousse les gens à partir. Est-ce cohérent avec une défense de la liberté de circulation, ou migration circulaire ?

Ce n’est pas incompatible. Il n’y a rien de mieux qu’une personne qui circule parce qu’elle en a vraiment envie. Quand elle doit le faire en étant contrainte, on a des risques de fuite des cerveaux, des énergies vitales, de détricotages des structures familiales sur place, où l’on s’aperçoit que la population en âge de travailler manque et que ce sont les grands-parents qui s’occupent des petits enfants, etc. Il s’agit donc de ne souhaiter à personne de devoir s’exiler. Mais de souhaiter à tout le monde de pouvoir, peut-être, circuler un jour. Alors, bien entendu, aujourd’hui on doit prendre en considération le fait que l’on va devoir arrêter de circuler tout autour de la planète. Mais l’empreinte carbone des voyages, ce n’est pas vraiment celle des gens du Sud… Aussi, dans un monde où ils sont obligés de traverser la mer Méditerranée, la Manche qu’ils arrivent dans des états d’épuisement terrible, en ayant la conviction de ne pas être les bienvenus, les accueillir avec humanité, c’est vraiment un minimum, ne fut-ce que de la rencontre humaine. Mais, chez les hébergeurs de migrants notamment, beaucoup diront qu’on leur aurait souhaité de ne pas devoir venir. Ou ne pas venir comme ça. Donc souhaiter à chacun de pouvoir rester chez lui, s’il le souhaite, et rendre possible la circulation, sans que celle-ci ne soit un adieu à jamais.

Pour les personnes déjà sur le territoire, il existe des projets pilotes (New York, Montréal), visant à fournir des papiers permettant à ces personnes migrantes de faire des démarches administratives. Une idée à généraliser ?

Oui, principalement à New York, il y a eu ce projet de délivrer à tous une carte pour accéder aux services minimums. Alors, replaçons les choses dans leurs contextes, là on parle du service minimum américain, qui est infiniment moins généreux que le nôtre, même dans nos États-providence fragilisés. Cela dit, c’est une manière de gérer l’illégalité qui permet de briser ce cercle vicieux qui fait que les gens dans l’illégalité se terrent dans l’illégalité, avec évidemment une énorme difficulté à faire confiance aux autorités. En Belgique, l’administration en charge de la gestion des migrations, l’Office des étrangers suppose une notion de service et c’est de moins en moins le cas ou en tout cas ce n’est pas ce message qui est reçu. Et en disant cela, je ne veux pas du tout cibler les gens qui y travaillent, car une administration est le produit, le reflet d’une politique. Le discours politique quasi systématique autour du « contrôle », de la « limitation », de la « restriction », et non de gestion sereine finit par déteindre sur des agents d’administrations qui sont les outils de ce discours. A titre individuel, tout le monde est de « bonne volonté » au service d’une « cause », mais laquelle ? Ce pour quoi on plaide, ce sont la mise en place de pare-feu, c’est-à-dire une bulle de protection autour des gens, quel que soit leur statut, pour qu’ils osent au moins se signaler et entamer une recherche de solution. Oser se rendre au service étranger de la commune, pour comprendre sa situation, et recevoir une réponse rapide et claire. Rien n’est pire que le silence ou l’opacité car ils nourrissent la défiance mais aussi l’espoir et même les faux espoirs. Il faut donc que les gens qui se rendent à ces administrations puissent connaitre leur situation, ce qui est possible ou non, qu’ils puissent savoir où se présenter, qu’ils puissent discuter de leurs problèmes ou de leurs projets, tout cela sans la crainte qu’ils puissent se faire arrêter dans l’heure. Un autre exemple : il faut faire en sorte que les commissariats de police soient de lieux où peuvent se rendre des femmes — ou des hommes — exploitées, économiquement et/ou sexuellement dans un réseau et souhaitant le dénoncer, à nouveau sans risquer de se faire expulser. Actuellement, ce n’est pas garanti. Les migrants ont peur des communes. A nouveau, pas de toutes. Beaucoup font un boulot extraordinaire, d’accueil et d’empathie. À côté de cela, il arrive que des personnes soient arrêtées lors du rendez-vous fixé à la commune. Et le bruit court vite, et il court toujours plus vite autour des mauvaises pratiques que des bonnes, et une forme de terreur et d’angoisse s’installe chez les migrants. Ceux-ci ne voulant plus s’adresser aux communes, n’iront dès lors pas porter plainte quand ils se font abuser. Il y a également eu des cas de violences sur des migrants par des forces de l’ordre, sans parler des « contrôles aux frontières » de ces dernières semaines. Là, on se demande dans quel monde kafkaïen on vit.

“L’éléphant dans la pièce” de cette discussion n’est-il pas la relation Nord-Sud, du passé colonial aux accords marchands actuels ?

Peut-être en partie, certainement mais se faire hara-kiri en revenant systématiquement sur ce passé n’amène pas à chercher sereinement des solutions. Il faut être informé, conscient, attentif aux rapports de force persistant mais trouver des voies de discussions bilatérales ou multilatérales équilibrées.

Pour ce qui est de nos relations avec les dirigeants du Sud, avoir peut-être un discours plus clair. Plus encourageant sur certains, de soutien et non d’instrumentalisation. Quand l’Union européenne essaie de négocier une convention d’externalisation de la politique migratoire avec un pays du Sud, c’est Goliath face à David. Le rapport est forcément déséquilibré et rappelle un passé. Bien entendu, les rapports commerciaux et leurs enjeux ne sont jamais loin de ces négociations imbriquées, parfois bien éloignées de ceux qui tentent de s’en sortir par la mobilité (non des capitaux, mais des personnes).

Être conscient que tout est mêlé mais tenter d’isoler les questions qui doivent être résolues et garder des principes fondamentaux à l’esprit est essentiel à la sauvegarde de valeurs si fragiles. Attention, la responsabilité est complètement partagée, et donc largement au Sud également. En ce moment, par exemple, la presse sort des révélations effarantes sur Kabila et ce dont il a privé sa population. Mais bien sûr, quand il y a un corrompu, il y a un corrupteur, il n’était pas seul.

Si le discours dominant sur les migrations est anxiogène, voire franchement xénophobe, ne pensez-vous pas qu’il faudrait assumer plus explicitement, dans les médias, vers le grand public, des positions claires sur les migrations circulaires, sur la nécessité de l’élargissement des voies légales, etc. afin de faire entendre ces propositions sans crainte d’aller à contre-courant ?

Ma génération se rend compte qu’elle a peut-être échoué depuis quelques décennies à mobiliser et à se faire entendre. La focale a été largement mise sur la dénonciation, jugée parfois trop facile par celles et ceux qui doivent décider. Il aurait fallu communiquer plus sur les alternatives, sans renoncer à rappeler des idéaux. En outre, la manière de communiquer a évolué très très vite. Il y a un capital de « savoirs », de « réflexions » et de projets alternatifs qui existent. Il faut trouver le moyen de les relayer. Ils proviennent de scientifiques, d’ONG (ECRE, …), d’IOG (OCDE), de conférences internationales (celle qui a conduit au Pacte de Marrakech) mais aussi de cercles où l’on échange et réfléchit (au niveau belge Ligue des Droits Humains, la Plateforme d’accueil des migrants, le CIRE, etc.). Il est très compliqué aujourd’hui de médiatiser une idée, d’abord parce qu’elle vit quelques heures, si on est chanceux, et pour qu’elle parvienne là où les choses pourraient bouger, c’est très compliqué. Je crois vraiment que l’on a besoin de l’aide des médias et de spécialistes de la communication pour travailler sur la manière de le faire. Parce que l’on voit encore beaucoup dans les médias, c’est la dénonciation des abus. C’est fondamental, indispensable, essentiel. Des projets comme Forensic Architecture ont mis en lumière des atrocités comme le drame du Seawatch lors d’un sauvetage par les Libyens impliquant aussi les Européens. Le New York Times, Le Monde, Arte TV, etc. informent très bien sur les abominations, mais elles sont noyées dans plein d’autres abominations, avec ce que cela entraine comme accoutumance ou suspicions, au sens où si untel ou unetelle est refoulée, c’est bien qu’il y avait un problème dans son dossier, qu’il y avait anguille sous roche, etc. Cette visibilisation de l’indignation et de la dénonciation, n’est pas suffisante pour modifier l’opinion, et donc, in fine le vote et ensuite les politiques mises en place. Il faut parvenir à communiquer sur les alternatives, les autres voies, les expériences pilotes concluantes, les données et les faits.

Ces derniers jours en sont une excellente illustration. Une cinquantaine de morts en deux jours dans la Manche. Réponses des autorités : renforcer les contrôles, moins bien accueillir au Royaume-Uni… ce sont les mêmes recettes depuis des années…  et pourtant elles ne fonctionnent pas. Ces morts sont les victimes de la multiplication des barrières.

Pour terminer sur une note plus positive, on vient de lancer un projet à destination des écoles secondaires. Il y a vraiment du boulot à faire avec les ados. Ils ont plein de choses à dire sur le sujet, ils sont super intéressés, et aussi très informés. C’est une génération avec laquelle il faut travailler, dans toutes les écoles, et déborder de nos canaux pour pouvoir les atteindre.


[1] Adopté en 2018, le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, dit Pacte de Marrakech, entend assurer une meilleure protection des migrants au plan international, tout en préservant la souveraineté des États sur leur politique migratoire. Incitatif, il n’est toutefois pas contraignant.

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